Les soucis de santé de Johnny Hallyday prennent une tournure alarmante. Après avoir été réopéré dans la nuit de mercredi à jeudi au Cedars-Sinai Hospital à Los Angeles, le chanteur, âgé de 66?ans, a été placé en coma artificiel, mesure qui aurait été prise pour le soulager de douleurs postopératoires aiguës. Hier soir, la radio française RTL annonçait que la star s’était réveillée et avait reconnu sa femme, Laeticia.
L’intervention de l’équipe médicale américaine – un «nettoyage» de sa cicatrice aux lombaires, selon certaines sources – faisait suite à une opération effectuée le 26 novembre à Paris pour traiter une hernie discale.
Effectuée par le docteur Stéphane Delajoux ( lire ci-dessous ), cette première opération aurait provoqué des «lésions», selon le service de presse du rockeur, dans un communiqué publié hier. Son producteur, Jean-Claude Camus, précisait hier qu’il ne communiquerait rien d’autre avant ce soir.
Des complications incertaines
La nature exacte des complications subies par le célèbre patient demeure pourtant peu claire. Dans un premier temps, la communication orchestrée par Jean-Claude Camus faisait état d’une infection. Mais le terme de «lésion» laisse la porte ouverte à des interprétations plus inquiétantes. Le «nettoyage» chirurgical a-t-il motivé la mise en coma artificiel ou faut-il penser que l’opération parisienne a été imparfaitement réalisée? Y a-t-il eu un raté, toujours possible dans ce genre d’opération, voire même une faute professionnelle?
Le passé médical et judiciaire du docteur Stéphane Delajoux ne rassurera en tout cas pas ceux qui s’inquiètent de la santé de Johnny Hallyday.
D’autres interrogations demeurent. Pourquoi la star a-t-elle pris l’avion pour un voyage de douze?heures cinq jours après une intervention qui nécessite le plus souvent un alitement prolongé? Opéré pour la troisième fois pour une hernie discale, le chanteur a peut-être banalisé son état de santé.
Au Matin, qui l’interviewait en octobre dernier et auquel il avait mentionné son opération de novembre, il commentait en plaisantant l’un de ses deux précédents passages sur le billard: «Je l’avais fait juste avant le tournage du film de Johnnie To. Deux jours après, je sautais du deuxième étage.»
L’artiste a peut-être présumé de ses forces. Mais l’accumulation de ses problèmes de santé (lire ci-contre) laisse entrevoir un homme affaibli, alors même qu’il est aux prises avec sa gigantesque tournée d’adieux. Sa série de concerts, intitulée «Route 66», avait débuté en mai 2009 et devait reprendre le 8 janvier à Amiens pour se terminer le 13 février à Paris. Une date était encore prévue le 7 février à l’Arena de Genève.
Repères
? 24 juillet Victime d’une lourde chute sur son yacht, Johnny se déboîte partiellement la hanche. Il reçoit des soins dans une clinique de Mougins (Alpes-Maritimes).
? 29 juillet Il est hospitalisé neuf jours pour un bilan de santé, sur demande de ses assureurs. Ces derniers veulent se prévenir contre une annulation de la tournée «Route 66», qui doit reprendre le 25 septembre.
? 26 septembre Johnny révèle qu’il a été opéré d’un petit cancer sur le côlon durant l’été. Un polype, qui «a été pris à temps, au tout début, donc je n’avais presque rien».
? 26 novembre Opération d’une hernie discale par le docteur Stéphane Delajoux, à la clinique internationale du Parc Monceau, à Paris. Son hospitalisation, prévue depuis deux mois, ne dure que deux jours. Le 1er décembre, il s’envole pour Los Angeles.
? 7 décembre Il est hospitalisé à l’Hôpital Cedars-Sinaï de Beverley Hills, Californie, souffrant d’une infection consécutive à l’intervention subie à Paris.
? 9-10 décembre Dans la nuit, il est réopéré, les médecins américains ayant constaté des lésions résultant de l’opération du 26 novembre.
? 10 décembre Il est plongé dans un coma artificiel pour éviter «douleurs et complications».
Stéphane Delajoux, médecin controversé
Le médecin qui a opéré Johnny Hallyday le 26 novembre dernier à Paris a déjà eu plusieurs fois des démêlés avec la justice. Pour des raisons professionnelles d’abord, selon Le Parisien qui cite plusieurs cas où le chirurgien a été pris en faute. En 2004, il a dû verser 194?000 euros à une patiente opérée en 1998 et restée invalide à 25% pour «erreur grossière». En 2006, il a encore dû dédommager des patients pour «faute dans le suivi postopératoire» et «intervention chirurgicale non appropriée» (pour avoir opéré une femme au mauvais endroit). Il aurait également passé outre une interdiction d’exercer et aurait été condamné à 3?ans avec sursis pour des escroqueries à l’assurance. Cela n’a pas empêché Stéphane Delajoux de devenir un «chirurgien des stars». L’ex-compagnon d’Isabelle Adjani avait été dépêché pour sauver l’actrice Marie Trintignant et c’est lui qui a opéré Charlotte Gainsbourg suite à son hémorragie cérébrale en 2007.