Il a un humour moins cinglant que celui de Roland Giraud. Il en impose moins que Line Renaud et ses soixante ans de carrière. Il a pourtant un patronyme qui force le respect. Petit-fils de Fernand et Jackie, fils de Michel, frère de Romain, Davy Sardou n’avait pas d’autre alternative que de devenir saltimbanque. L’art de la scène circule dans ses veines. Il est même inscrit dans ses gènes. Le «petit» est tombé dans la marmite dès sa naissance. Il espère désormais y rester le plus longtemps possible.
Mais l’homme reste humble et ne se prend pas pour ce qu’il n’est pas. Dans la suite pharaonesque du Kempinski, Davy Sardou devise sur le football anglais – et sur ce fameux derby mancunien entre United et City – avec Francis Huster. Avant de donner quelques nouvelles de son paternel. «Il est en cure à Biarritz, il prépare la tournée…» Derrière ses lunettes brunes, il cache un brin de timidité. Une forme de discrétion qui le rend tout de suite sympathique. «J’ai vraiment du plaisir à jouer avec mon père, lâche-t-il. De par nos vies professionnelles, on ne se voit pas tous les jours. Là, cette pièce m’offre la possibilité de voir mon père plus souvent…»
Depuis le 30 septembre, Davy Sardou a pris la route. Avec toute la troupe de la pièce signée par Eric Assous: Secret de famille. Avec ce père, star de la chanson française, qui a eu une soudaine envie de théâtre. Sept ans après avoir joué L’homme en question au Théâtre de la Porte Saint-Martin. «Un jour, il m’a dit qu’il aurait beaucoup de plaisir à revenir sur scène, raconte son fils cadet. On s’est mis d’accord sur une création. Et, en quatre jours, Eric Assous a écrit une vingtaine de pages…»
Passage aux States
La pièce raconte l’histoire de Pierre, un père divorcé qui a élevé son fils seul: Quentin. L’imbroglio débute lorsque ce dernier réalise que sa fiancée est amoureuse de son… père. «Au début, je ne voulais pas faire cette pièce, précise Davy Sardou. Je venais d’interpréter Oscar avec Bernard Farcy et le métier commençait à m’accepter en tant que comédien.» Depuis qu’il a choisi cette voie, il se bat en effet pour se faire un prénom. Il n’avait d’ailleurs pas hésité à s’installer aux Etats-Unis pour faire ses classes. «Je n’aurais jamais pu devenir chanteur. Cela aurait été trop casse-gueule!»
Depuis son retour en France, en 2001, Davy Sardou monte régulièrement sur les planches. «Parce que j’aime ce rythme et ce bonheur de recommencer tous les jours.» Mais il s’est aussi essayé aux téléfilms. Apparaissant dans des séries comme Navarro ou Léa Parker. «Je viens de tourner dans un film pour France 2 sur les relations tumultueuses entre Louis XIV, Fouquet et Colbert: Le Roi, l’écureuil et la couleuvre», confie-t-il.
Mais Davy Sardou a fini par accepter de se glisser dans la peau de Quentin. Et de donner la réplique à Michel. Il ne le regrette pas tant l’aventure est enrichissante. «Mon père est très humble avec ça. Il reste le personnage public qu’on connaît. Mais il n’est pas comédien à la base. Il ne cherche pas à ce qu’on lui passe la pommade. Il demande souvent si ça va. A ce niveau, il est plus perfectionniste encore!» Ce n’est pas la première fois que père et fils se croisent sur scène. Mais, dans L’homme en question, Davy incarnait le jeune Michel: ils n’avaient aucune scène en commun.
Avec Secret de famille , les Sardou interprètent une vraie relation filiale. «Le danger, c’était que le public mélange fiction et réalité. Mais Jean-Luc Moreau (ndlr: le metteur en scène) s’est bien gardé de faire des références à notre vie quotidienne», analyse-t-il. Du coup, le duo fonctionne à merveille. Et la pièce est un petit bijou de comédie. ?
«Secret de famille», d’Eric Assous, avec Michel Sardou et Davy Sardou. Les 13 et 14 octobre 2009 au Théâtre du Léman. Billetterie: Fnac.
Bio express
Davy Sardou
Né le 1er juin 1978. Fils de Babette et Michel Sardou. Petit-fils de Fernand et Jackie Sardou.
1998: il suit des cours de théâtre à l’Institut Lee Strasberg à New York. Premier rôle dans la pièce Les créanciers d’August Strindberg.
2001: retour en France.
2002: il croise son père sur scène dans L’homme en question.
2004: il apparaît dans des épisodes de Navarro et Léa Parker.
2007: il donne la réplique à Micheline Dax dans Arsenic et vieilles dentelles de Joseph Kesselring.
2008: il joue Oscar au Théâtre du Gymnase avec Bernard Farcy.
2009: il retrouve son père dans la pièce écrite par Eric Assous: Secret de famille.
JDS