Autant dire que sa disparition va faire considérablement grimper sa cote au hit-parade des ventes. Aussi cynique que cela puisse paraître, un chanteur mort vend plus d’albums qu’un chanteur vivant. Que lui importe, pourtant, que la montagne d’euros soit belle! Quand la voix dort, la voix devient d’or.
La nostalgie est une valeur qui reste à la hausse. A telle enseigne que le magot attise les convoitises. Ainsi, retombées dans l’anonymat, les Clodettes – indissociables de l’image de Claude François dont elles ont été l’atout charme – réclament-elles des comptes. Celles qui faisaient des rouleaux avec leurs bras et se lançaient dans des chorégraphies endiablées sur les musiques d’Alexandrie, Alexandra ou Le Lundi au soleil se sentent oubliées, flouées, et voudraient légitimement récupérer une part du gâteau.
Elle raconte que c’est Slim Pezin, l’ancien chef d’orchestre de Cloclo qui a alerté les danseuses sur les droits qu’elles auraient dû percevoir. Le président de cet organisme créé en 1959, Jean-Paul Bazin, se défend devant la tempête médiatique et promet de verser ce qu’il doit à certaines Clodettes.
«Pour les autres, nous avons besoin d’éléments complémentaires», dit-il, en leur réclamant des fiches de salaire vieilles de trente ans. Plus faciles de conserver les costumes à paillettes que des justificatifs administratifs… A tort, sans doute, imaginent-elles qu’elles percevront des droits mirifiques.
En revanche, pour d’autres, le business Cloclo progresse autant que son mythe. Une légende savamment entretenue comme en témoignent l’organisation de prochaines «Cloclo night fever» et la préparation d’un film biopic réalisé par Florent-Emilio Siri avec, dans le rôle-titre, l’acteur Jérémie Rénier.