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L’UE va supprimer l’aide au développement pour les pays émergents

Par AFP le 07.12.2011 à 15:02

La Commission européenne a décidé mercredi de supprimer en 2014 l’aide au développement à 19 pays émergents, dont la Chine, le Brésil et l’Inde.

La Commission européenne a décidé mercredi de supprimer en 2014 l’aide au développement à 19 pays émergents, dont la Chine, le Brésil et l’Inde, pour réorienter ses fonds vers les pays les plus pauvres et se concentrer sur la bonne gouvernance et la croissance.

C’est "une évolution dans nos relations avec les pays émergents et un ciblage de l’aide sur les pays les plus pauvres", a indiqué le commissaire européen au développement, Andris Piebalgs.

Il avait fait part de ses intentions il y a plus d’un mois en présentant à Bruxelles la réforme de l’aide au développement de l’UE.

A partir du nouveau budget pluriannuel européen (2014-2020), les fonds d’aide au développement seront supprimés pour les 19 pays à revenu intermédiaire: Argentine, Brésil, Chili, Chine, Colombie, Costa Rica, Équateur, Kazakhstan, Iran, Malaisie, Maldives, Mexique, Panama, Pérou, Thaïlande, Venezuela, Uruguay, ainsi que l’Inde et l’Indonésie, moins riches par habitant que les précédents mais dont le produit intérieur brut dépasse 1% du PIB mondial, un critère retenu par l’UE.

Si l’UE ne leur versera plus d’aide au développement, elle continuera toutefois de verser des fonds à ces pays dans le cadre de coopérations thématiques ou régionales, par exemple sur le climat, l’égalité hommes-femmes ou les droits de l’homme.

"Bien sûr, il reste des poches de pauvreté en Chine", a reconnu M. Piebalgs lors d’un point presse. Mais "la valeur ajoutée" de l’aide européenne au développement y est bien moindre que dans des pays comme le Mali ou la Côte d’Ivoire, s’est-il justifié.

Impact de l'aide maximal

En matière d’aide au développement, "le pays qui la verse reste un donateur", a jugé M. Piebalgs. Avec un pays comme la Chine, il vaut mieux adopter "une approche dans le cadre de laquelle les deux parties en profitent, d’égal à égal". "Nous allons nous concentrer là où notre aide aura l’impact maximal", a-t-il expliqué.

La Commission européenne propose plus généralement une augmentation de 17% (en prix courants 2011) des dépenses au titre de l’action extérieure de l’UE qui seraient portées à 96,249 milliards d’euros pour 2014-2020, dont 34,276 milliards d’euros au titre du Fonds européen de développement (FED), un instrument abondé directement par les Etats européens, mais géré par la Commission européenne, qui ne fait pas partie du budget de l’UE.

Cette proposition doit encore être avalisée part les gouvernements. Or, la bataille sur le budget pluriannuel s’annonce rude, car beaucoup d’Etat veulent limiter au maximum l’évolution des dépenses européennes.

"L’UE est le premier donateur dans le monde et nous devons rester en tête dans la lutte contre la pauvreté", a plaidé M. Piebalgs. "Ces propositions permettront au budget de l’UE d’apporter une contribution d’un niveau similaire au précédent par rapport à l’engagement de l’UE de consacrer 0,7% de son PNB à l’aide d’ici à 2015", a-t-il assuré.

Le FED verrait ses fonds augmenter de 38% par rapport à 2007-2013. Bruxelles propose également de consacrer 18,182 milliards d’euros (+23%) à l’aide aux pays voisins de l’UE, afin d’aider en particulier les pays du rivage sud de la Méditerranée à accomplir leur transition vers la démocratie dans la foulée du printemps arabe.

"La paix, la prospérité, et une démocratisation durable de notre voisinage sont de plus en plus importants pour la sécurité de l’UE et de ses citoyens", a estimé le commissaire en charge de cette politique, Stefan Füle.

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