Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi est en «difficulté» après des défections au sein de son parti, a reconnu son entourage lundi. Certains de ses proches ont même évoqué une «démission», immédiatement démentie par le «Cavaliere».
«Que Berlusconi soit sur le point de céder la place c’est désormais une chose claire. C’est une question d’heures voire de minutes», a affirmé le directeur du journal «Il Foglio», Giuliano Ferrare, considéré comme un conseiller écouté de Silvio Berlusconi.
Le vice-directeur d’un autre journal de droite, Libero, Franco Bechis, avait alimenté la rumeur avec un message sur twitter: «j’ai des informations de source directe, Berlusconi démissionne». Ces rumeurs ont provoqué une brusque envolée des marchés financiers transalpins.
Démenti
Le président du Conseil des ministres a toutefois démenti ces bruits sur sa page Facebook. «Les rumeurs sur ma démission sont dénuées de tout fondement», peut-on lire sur la page officielle du chef du gouvernement italien sur le réseau social.
L’entourage immédiat du Cavaliere a également parlé de «rumeurs dénuées de tout fondement». «J’ai parlé il y a quelques instants avec (M.) Berlusconi qui m’a dit que les rumeurs sur sa démission sont dénuées de tout fondement», a ainsi affirmé Fabrizio Cicchitto, chef de file des députés de son Parti de la liberté (PDL).
L’Italie est dans la ligne de mire des spéculateurs depuis l’été car les marchés doutent de la capacité du gouvernement Berlusconi de mettre en oeuvre deux plans d’austérité adoptés en juillet et septembre et une série de réformes économiques promises à l’Union européenne fin octobre.
En difficulté
Lundi matin, des poids lourds du parti de Silvio Berlusconi, le PDL, avaient déjà reconnu des «difficultés» après une série de défections qui risquent de faire perdre au gouvernement sa majorité numérique au parlement lors de votes cruciaux attendus dans les jours à venir.
«Il n’y a pas de climat de désespoir politique mais nous affrontons une série de difficultés politiques», avait admis M. Cicchitto. Un autre membre influent du PDL, le ministre Renato Brunetta, a reconnu «quelques problèmes du gouvernement avec les sièges» qu’il contrôle au parlement.
Et le puissant ministre de l’Intérieur Roberto Maroni, membre de la Ligue du nord, a lui aussi dit avoir reçu des informations selon lesquelles, «il semblerait que le gouvernement n’ait plus la majorité» absolue.
Le gouvernement devra affronter d’autres scrutins-tests avec le vote au Sénat autour du 15 novembre d’un ensemble de mesures budgétaires et de réformes promises fin octobre à l’Union européenne, puis d’ici à la fin du mois à la Chambre des députés.