A Moscou, Hillary Clinton s’efforce depuis hier de régler les derniers détails en vue d’un accord russo-américain sur le renouvellement du Traité de réduction des armements stratégiques. Objectif pour la secrétaire d’Etat américaine qui doit rencontrer le président Dmitri Medvedev et le premier ministre Vladimir Poutine: remplacer START?I.
Le traité de 1991, qui est arrivé à échéance en décembre, est l’objet depuis plus de six mois d’âpres négociations entre experts russes et américains à Genève.
«La visite de Mme Clinton ne devrait pas donner lieu à une déclaration publique. Mais en coulisses, elle et son homologue Lavrov devront finaliser l’accord. C’est aujourd’hui ou jamais s’ils veulent une signature dans les prochaines semaines…» prévient Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de la revue spécialisée Russie dans les affaires globales.
«Nous poussons pour une conclusion d’ici à deux ou trois semaines. Il y a de bonnes chances», a confié avec optimisme Sergeï Lavrov. Traduction: la signature pourrait intervenir juste avant le sommet des chefs d’Etat sur la sécurité nucléaire prévu à Washington du 12 au 13 avril.
Symbole du réchauffement entre les deux pays, le processus de renouvellement de START I avait été relancé lors de leur sommet en juillet dernier à Moscou. Les deux présidents avaient alors convenu d’abaisser à 1500-1675 le nombre des têtes nucléaires et à 500-1100 les vecteurs (missiles). Etats-Unis et Russie comptent encore chacun 2000 à 3000 ogives déployées (prêtes à l’usage immédiat). Et les accords actuels limitent à 1600 le nombre des vecteurs.
Deux obstacles
Depuis cet été, un traité a été annoncé à plusieurs reprises. Mais les négociations ont à chaque fois échoué sur deux sujets. Les questions de surveillance et de vérification, d’une part. Mais avant tout sur le lien entre cet accord et les projets américains de défense antimissile en Europe.
Obama a certes abandonné le programme de son prédécesseur d’installer un bouclier en Pologne et en République tchèque. Mais il a depuis annoncé son intention de déployer en Roumanie une autre forme de bouclier. Avec une même ambition, selon Washington: se protéger de l’Iran.
Aux yeux de Moscou, ces projets ciblent la Russie. «C’est un point d’achoppement. Les Russes veulent lier START à la défense antimissile. Les Américains ne veulent pas. Mais c’est Obama qui a le plus besoin de ce traité…» insiste l’expert Fiodor Loukianov. Pour Dmitri Medvedev, cela serait aussi un succès politique sur les scènes internationale et nationale – à condition que le nouveau traité ne sème pas le doute à Moscou sur sa défense des intérêts nationaux.