La presse internationale fustige son comportement de «bouffon». Ses frasques sexuelles s’étalent aux unes du monde entier. Mais rien n’y fait. Silvio Berlusconi reste populaire. La cote du chef du gouvernement italien a certes baissé. Mais elle est encore confortable.
Tout d’abord, en Italie, la vindicte médiatique n’est pas si féroce avec le Cavaliere. Le groupe La Repubblica a lancé une offensive inédite contre lui, mais se sent bien seul dans sa croisade. Le reste des médias transalpins appartient à la famille Berlusconi ou lui est plus ou moins inféodé.
Mais la mainmise sur la presse n’explique pas tout. Car, malgré son style et des alliés plus que douteux, malgré de mauvais bilans et de nombreuses affaires de corruption, Berlusconi reste un phénomène politique. Basé sur le rejet des partis traditionnels. L’homme d’affaires s’est en effet lancé dans l’arène publique sur les cendres des formations historiques décimées par l’opération Mains propres, qui révéla, au début des années 90, les liens «charnels» que la classe politique entretenait avec les grandes entreprises et la mafia. Mettant ainsi fin à plus de quarante?ans de règne de la Démocratie chrétienne.
Milliardaire et patron de l’AC Milan, il se présente comme un sauveur. A grand renfort de marketing, il explique que sa réussite en affaires prouve qu’il sait diriger. Son premier gouvernement ne tient pas un an. Et il n’est pas reconduit après son deuxième mandat. Peu importe. L’incapacité à gouverner d’une opposition éclatée et inconsistante le ramène au pouvoir lors des scrutins suivants.
Pour rebondir, Silvio Berlusconi met en avant sont principal argument politique. Il est capable d’unir la droite et peut ainsi se vanter d’être le seul premier ministre italien qui a conclu un mandat de cinq?ans depuis la fin des années 60.