PREMIÈRE

Le portefeuille des Finances libanaises passe en mains féminines

Par Yannick Van der Schueren le 17.11.2009 à 00:00

La nomination de Raya Haffar dans le nouveau gouvernement est un pas en avant. Mais sur la scène politique, l’absence des femmes continue à faire tache.

En décrochant le portefeuille des Finances la semaine dernière, Raya Haffar el-Hassan, 42?ans et mère de trois enfants, a fait irruption dans un paysage politique libanais dominé par les hommes. Une première pour un poste de cette envergure. Il n’empêche que dans ce pays qui se vante d’être à l’avant-garde de la libération des femmes dans le monde arabe, elles demeurent largement sous-représentées, insistent les organisations féministes.

En effet, le gouvernement de Saad Hariri – composé après plus de quatre mois d’âpres négociations avec le Hezbollah – ne compte que deux femmes. Outre Raya Haffar, Mona Ofeich, avocate de 67?ans, a été nommée ministre d’Etat sans portefeuille. Du côté du parlement, seuls quatre sièges sur 128 sont occupés par des députées.

Plafond de verre craquelé

Les Libanaises ont en revanche pu se consoler avec l’élection dimanche d’une femme à la tête de l’ordre des avocats de Beyrouth. Amal Haddad, la première bâtonnière de l’histoire du pays des Cèdres, faisait la une de la presse hier matin.

«Le plafond de verre? Oui, je pense qu’on peut dire qu’il est désormais craquelé», a déclaré à l’AFP Amal Kabbara Chaarani, présidente du Conseil de la femme au Liban. «Le premier ministre a fait un pas en avant en désignant deux femmes dans son gouvernement, mais c’est loin d’être suffisant. Nous aurions souhaité qu’il y ait au moins 30% de femmes au gouvernement. [...] Mais nos deux nouvelles ministres sont très qualifiées, c’est donc un progrès, au moins en termes de qualité», a conclu la militante.

Titulaire d’un MBA de la George Washington University, Raya Haffar n’a rien de la femme alibi. Après avoir contribué à la mise en place des programmes d’aide des Nations Unies et de la Banque mondiale au Liban, elle a travaillé plusieurs années avec trois anciens premiers ministres sur l’élaboration de la politique financière. «C’est un grand défi, je le sais très bien», a déclaré la ministre. «Mais je pense que le fait d’être une femme nous donne la capacité de résister à beaucoup de pression.»

Et la tâche sera particulièrement difficile pour Raya Haffar. Car si le Liban a réussi à faire face à la crise financière planétaire, il reste l’un des pays les plus endettés au monde avec un passif de 50 milliards de dollars accumulés depuis la fin de la guerre civile en 1990.

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