Difficile de s’y retrouver, franchement, dans ce flot continu d’informations apparemment contradictoires. D’un côté, on entend l’Organisation mondiale de la santé appeler ses Etats membres à se préparer à une «pandémie imminente». Etant donné la rapidité de nos déplacements à travers le monde, le nouveau virus humain surgi au Mexique risque en effet de se répandre sans tarder aux quatre coins de la planète. Or, nos anticorps ne savent pas lutter contre cette grippe A (H1N1). Et les plus pessimistes s’empressent de noter sa parenté avec la fameuse grippe espagnole de 1918 qui fit plusieurs millions de morts sur le Vieux-Continent!
D’un autre côté, on apprend que pour l’instant cette grippe n’a causé la mort que de personnes contaminées au Mexique. Ailleurs, comme en Suisse, la maladie semblerait moins virulente. Nombre de patients ont même guéri sans soins médicaux. Et de toute façon, le célèbre Tamiflu est efficace contre cette nouvelle souche, nous assure-t-on. Et les stocks seraient suffisants. Du moins en Occident. Enfin, les pharmas planchent sur un vaccin. Pas de quoi s’affoler, donc. Il faut surtout se laver les mains et rester à la maison si on se sent peu bien. Sans oublier, évidemment, d’en avertir son docteur. La médecine, n’est-ce pas, a tout de même fait deux ou trois progrès depuis 1918…
Fort bien. Les privilégiés que nous sommes semblent ainsi parés pour toute éventualité, même s’il reste bien sûr des incertitudes (la grippe pourrait encore muter et devenir plus virulente). Mais la pandémie, si elle se confirme, ne manquera pas de frapper de plein fouet des régions moins favorisées, Afrique en tête. Les stocks de Tamiflu ou de masques y sont nettement insuffisants.
Alors, docteur, cette pandémie imminente, c’est grave? Il faut répondre «oui». Sans hésitation.