Plus de 480 kilomètres en une journée de vol, c’est la distance parcourue par de petits oiseaux migrateurs tels que la grive des bois ou l’hirondelle noire lors de leur migration annuelle vers des climats plus cléments, selon une étude canadienne. Une vitesse largement supérieure à celle escomptée par les scientifiques.
Pour la première fois, des ornithologues ont pu équiper ces petits oiseaux pesant environ 50 grammes d’un système de géolocalisation d’un poids de 1,5 gramme. Ils ont ainsi été à même de suivre leur migration hivernale en 2007 depuis la Pennsylvanie (nord-est des Etats-Unis) vers les tropiques, et le voyage retour au printemps 2008.
Les résultats montrent que les grives des bois et hirondelles retrouvées à leur retour aux Etats-Unis peuvent parcourir plus de 480km en une seule journée de vol. A titre de comparaison, les scientifiques estimaient précédemment leur vitesse de déplacement à environ 145km par jour.
«La migration est étonnamment rapide», explique Bridget Stutchburry, professeur de biologie à l’université de York, à Toronto, qui a participé à cette étude publiée fin février dans la revue Science.
Nous avons été abasourdis par les temps de retour des oiseaux au printemps. Qu’un oiseau quitte le Brésil le 12 avril et soit de retour à la fin du mois est incroyable. On a toujours pensé qu’ils partaient courant mars», ajoute-t-elle. «Je ne pense pas qui quiconque avait une idée de la vitesse à laquelle ces petits oiseaux migrateurs peuvent voyager».
L’étude a également démontré que le voyage de retour était plus rapide que l’aller. Selon Bridget Stutchburry, cette différence pourrait s’expliquer par le fait que les oiseaux veulent arriver plus rapidement sur les lieux de nidification pour avoir les meilleurs endroits pour construire leurs nids, profiter des meilleurs partenaires d’accouplement et commencer à couver le plus tôt possible.
«C’est une avancée considérable dans la compréhension des migrations d’oiseaux et pour la conservation des petits oiseaux. Je suis surprise par la vitesse du vol, qui est comparable à celle d’oiseaux plus gros tels que le pluvier», explique Helen James, ornithologue au Museum d’histoire naturelle du Smithsonian.
L’étude a porté sur 14 grives des bois et 20 hirondelles capturées dans l’est de la Pennsylvanie à l’automne 2007 et équipées du système de géolocalisation. Mi-2008, les scientifiques ont pu retrouver cinq grives et deux hirondelles. Ces dernières avaient migré vers le bassin de l’Amazone, au Brésil, alors que les grives avaient passé l’hiver au Nicaragua et au Honduras. Certains des oiseaux ont marqué des pauses le long du chemin, passant quelques jours dans le sud-est des Etats-Unis ou dans la région du Yucatan, au Mexique.