Un rapport favorable aux OGM est balancé au «Figaro» pour embarrasser un ministre, et voilà cette guerre des aliments transgéniques qui reprend de plus belle! Mais la France n’a pas le monopole des batailles alimentaires. La procédure de consultation sur la prolongation du moratoire OGM se terminant aujourd’hui, il est probable que la polémique sur le maïs transgénique se réveillera aussi en Suisse. Où elle ne dort que d’un œil.
Les arguments contre les OGM prennent souvent un tour irrationnel: ne touchons pas à l’ordre naturel, afin d’éviter les catastrophes. Or, depuis l’aube des temps, les humains ont toujours cherché à bouleverser cet ordre. Pour le pire, parfois. Mais aussi pour le meilleur.
De l’autre côté, les plaidoiries favorables aux OGM masquent souvent la cupidité de ceux qui veulent tirer de ces interventions génétiques le maximum de profit. On a vu dans les affaires du sang contaminé et de la vache folle à quels drames cette vénale cécité nous a conduits.
Entre ces deux écueils, les gouvernements doivent godiller en prenant pour cap la mesure. La plupart des scientifiques admettent ignorer les effets à long terme de l’utilisation des OGM. Dès lors, avant de se lancer dans une nouvelle aventure, continuons les recherches. Le temps n’est pas encore venu de dire un oui ou un non définitif à l’alimentation transgénique.Page 7