Le «malaise vagal» dont Nicolas Sarkozy a été victime, dimanche peu après 13 h., est qualifié de «bénin» par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot. Cela dit, le président français ne quittera l’hôpital du Val-de-Grâce que lundi matin afin de poursuivre les examens médicaux (bilan sanguin, IRM, électroencéphalogramme) qui, pour l’instant, n’ont pas révélé d’éléments inquiétants, selon les services de l’Elysée. Cette nuit, Nicolas Sarkozy a été placé sous surveillance cardiologique. Une mesure de routine, précise-t-on au Val-de-Grâce.
Le premier ministre François Fillon a aussitôt quitté son fief de la Sarthe où il passe ses fins de semaine pour se rendre à Paris.
Emmené par hélicoptère
Alors qu’il effectuait depuis 45 minutes son traditionnel entraînement de course à pied dans les allées de la superbe résidence de La Lanterne près du Château de Versailles, Nicolas Sarkozy s’est effondré mais sans perdre connaissance. Son médecin personnel qui ne le quitte pas d’une semelle s’est aussitôt occupé de lui. Afin de parer à tous risques, le président a été emmené en hélicoptère à l’Hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris. Devant cet établissement — sis boulevard de Port-Royal et qui forme les médecins aux Armées — une meute de porteurs de caméras et de micros se tenait aux aguets. Ils tentaient, en vain, de saisir des images de l’épouse du président qui n’a pas quitté son chevet au Val-de-Grâce. L’entrée était bouclée par la police et une partie du trottoir, interdite à la circulation. Des collaborateurs de l’Elysée se sont également rendus auprès du président afin de le tenir au courant de l’actualité.
Régime alimentaire et surmenage
Le «malaise vagal» n’est pas dangereux en lui-même. Il s’agit d’une rupture d’équilibre entre le système dit «vagal» ou nerveux parasympathique qui ralentit le rythme cardiaque et le système nerveux sympathique qui, lui, accélère ce rythme. Le «malaise vagal» se traduit par une baisse de la pulsation cardiaque et de la tension.
Il peut survenir chez des sujets qui bénéficient d’un bon état général. D’ailleurs, les examens médicaux que la présidence publie une fois par an n’avaient rien révélé d’anormal, le 3 juillet dernier.
L’une des causes de cette affection est la déshydratation lors d’un effort physique intense. Comme il faisait près de 30 degrés à l’ombre, dimanche à Paris, cet aspect a sans doute dû jouer un rôle. D’autant plus, que le président suit un régime alimentaire fort strict, ainsi que le révèle au micro de France-Info, le député Patrick Balkany, un proche de Nicolas Sarkozy.
Avertissement sans frais
Toutefois, la fatigue et le surmenage sont aussi des facteurs importants. Sans doute le programme du président sera-t-il allégé. Dès jeudi, il doit passer trois semaines en vacances, au Cap Nègre, dans la résidence de son épouse.
Ce malaise vagal possède donc un aspect politique que n’aurait pas forcément une chute à ski ou à vélo. Depuis sa prise de pouvoir, l’omniprésident s’est montré d’une hyperactivité sans égale, s’occupant du sport comme de la crise mondiale, de la carte des tribunaux comme de la guerre russo-géorgienne. Ce malaise bénin constitue pour lui un avertissement sans frais.
Saura-t-il passer de l’ omniprésidence à la présidence tout court?