Economie

La Ligue arabe impose des sanctions à la Syrie

Par AFP/ATS/Reuters le 27.11.2011 à 19:13

Pour la première fois, la Ligue arabe a adopté des sanctions économiques de grande ampleur à l'encontre de l'un de ses membres. Elle a choisi dimanche de sanctionner la Syrie pour la contraindre de faire cesser la répression sanglante de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad.

La Ligue arabe a adopté dimanche des sanctions économiques sévères contre la Syrie pour la contraindre à faire cesser la répression sanglante de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad. Des sanctions d’une telle ampleur sont les premières de l’organisation à l’encontre de l’un de ses membres.

Adoptées lors d’une réunion des chefs de la diplomatie arabes au Caire, elles comportent un gel des transactions commerciales avec le gouvernement syrien et de ses comptes bancaires dans les pays arabes.
Ces mesures doivent entrer en vigueur «immédiatement», a précisé le Premier ministre qatari Hamad ben Jassem al-Thani, dont le pays préside un comité ministériel arabe sur la Syrie.
Les sanctions intègrent aussi une interdiction de voyager dans les pays arabes pour des responsables syriens dont la liste reste à établir ainsi que la suspension des liaisons aériennes entre les pays arabes et la Syrie. La date de l’entrée en vigueur de cette dernière mesure sera fixée la semaine prochaine.
L’Irak et le Liban contre

Parmi les mesures adoptées figurent par ailleurs le gel des transactions financières avec le gouvernement et la Banque centrale syriens et l’arrêt de financement de projets arabes en Syrie.
Sur les 21 membres de la Ligue arabe - sans compter la Syrie suspendue des réunions -, 19 ont voté en faveur de ces sanctions, tandis que l’Irak et le Liban s’en sont dissociés. Selon cheikh Hamad, la Turquie, présente à la réunion, va aussi appliquer ces sanctions.
L’économie syrienne est déjà affectée par des sanctions européennes et américaines et les mesures de la Ligue arabe risquent de l’ashpyxier davantage, la moitié des exportations et près d’un quart des importations de la Syrie se faisant avec les pays arabes.
Avant de recourir aux sanctions, la Ligue arabe avait lancé deux ultimatums en une semaine, sommant Damas de cesser la répression et d’accepter l’envoi d’observateurs arabes.
Le régime indigné

Le régime de Bachar al-Assad a ignoré ses ultimatums et samedi, son ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a accusé les Arabes de favoriser une «intervention étrangère» en Syrie, après leur décision de faire appel à l’ONU pour les aider à trouver un règlement.
«Tout ce que nous faisons, c’est pour éviter une solution venant de l’étranger», a riposté le Premier ministre qatari. Mais «si la communauté internationale voit que nous ne traitons pas la question de manière sérieuse, je ne peux pas garantir qu’il n’y aurait pas d’intervention étrangère», a-t-il également précisé.
Il a réclamé «l’arrêt des massacres, la libération des prisonniers et le retrait des chars» des villes syriennes.
Plus de 3500 morts

«Notre principale préoccupation pendant les discussions était d’éviter que le peuple syrien pâtisse de ces sanctions et nous espérons que ce ne sera pas le cas», a de son côté déclaré le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi.
La télévision publique syrienne a évoqué une «mesure sans précédent» sans plus de commentaires en annonçant les sanctions arabes, tandis que plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés sur une grande place à Damas pour les dénoncer.
Sur le terrain, la répression n’a pas connu de répit, avec 23 civils tués et plus de 25 blessés dimanche par les tirs des forces de sécurité, essentiellement dans les régions de Homs (centre) et de Damas, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Samedi, seize civils ont perdu la vie.
Du côté des forces du régime, huit soldats ont été tués et 40 blessés samedi dans un attaque menée dans la région d’Idleb, à 320 km au nord-ouest de Damas, a indiqué samedi l’OSDH.
L’Armée syrienne libre (ASL), qui revendique quelque 20’000 déserteurs et dont le chef Riad al-Assaad est basé en Turquie, a multiplié ses attaques contre les forces de l’ordre, faisant une cinquantaine de tués depuis jeudi, selon l’OSDH. Burhan Ghalioun, le président du Conseil national syrien (CNS) - qui regroupe divers courants d’opposition au régime, a admis entretenir des contacts avec l’ASL.
Au total, plusieurs centaines de personnes ont été tuées ce mois- ci. La répression lancée le 15 mars a fait plus de 3500 tués selon l’ONU.

Biens immobiliers

Marché
Recherche immobilière

Liens Immobiliers
Déménager
Comparer hypothèques
Habiter
Publier une annonce
Saisir votre annonce

Sondage

Cornavin est rénové: était-ce une bonne idée de conserver sa façade des années 1920?




Service clients

  • Abonnements et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 8h-12h/13h30-17h
    Tél. 0842 850 150, Fax 022 322 33 74
    Depuis l'étranger: +41 22 322 33 10
    Adresse postale: Service clients
    CP 5306 - 1211 Genève 11