Les corps de dix travailleurs humanitaires tués par balle, dont huit occidentaux, ont été découvertsvendredi au nord-est de l’Afghanistan, ont annoncé samedi les autorités locales. Le groupe était composé de deux locaux, de six Etasuniens, d’une Britannique et d’une Allemande. Ces médecins, ophtalmologues, dentistes et infirmières, étaient employés par l’ONG chrétienne International Assistance Mission (IAM), qui a son siège social
à Genève et est présente en Afghanistan depuis 1966.
Ouvertement chrétienne
Les corps retrouvés dans la province du Badakhchan ont été transférés hier à Kaboul, tandis que l’enquête sur les circonstances de leur mort se poursuivait.
Un groupe de talibans, qui combattent le gouvernement afghan et la présence étrangère, a revendiqué leur exécution, les accusant d’être des «missionnaires chrétiens». Interrogé par l’AFP, le directeur exécutif d’IAM, Dirk Frans, a cependant rejeté toute accusation de prosélytisme.
Ouvertement chrétienne
– l’affirmation de sa «sujétion à Dieu» figure en bonne place sur le site Internet de l’ONG – IAM dispense depuis des décennies en Afghanistan des soins médicaux, notamment ophtalmologiques.
Selon les premiers éléments connus, le groupe voyageait à bord de véhicules tout-terrains et revenait de la province voisine du Nouristan.
Souvent considérées comme des régions plutôt calmes, le nord et le nord-est de l’Afghanistan sont cependant agités depuis plusieurs mois par des attaques croissantes de la part des rebelles fondamentalistes et sont devenus extrêmement dangereux pour les étrangers.
La sécurité: le principal souci des ONG
Occupé par l’OTAN et les Etats-Unis depuis la fin de l’année 2001, l’Afghanistan a vu une résurgence de l’insurrection menée par les talibans depuis 2005.
Les attaques sont ainsi en constante augmentation et chaque année établit un nouveau record de pertes pour les troupes étrangères.
Les mesures de sécurité pour leur personnel sont ainsi une des principales inquiétudes pour les organisations humanitaires présentes dans le pays, explique Dijan Farnoudi, porte-parole du CICR à Kaboul. L’Afghanistan constitue la plus importante mission du Comité international de la Croix-Rouge, avec ses 1600 employés, dont 10% d’expatriés.
«Totale neutralité»
«Au cours des trente ans de présence du CICR, nous avons réussi à faire comprendre notre totale neutralité, explique Dijan Farnoudi. Ce qui nous permet
de travailler dans des régions réputées «chaudes», comme à Kandahar ou dans l’Helmand, dans le sud du pays. Mais malgré cela, nous n’avons malheureusement pas accès à certaines zones de l’Afghanistan, qui sont beaucoup trop dangereuses.»