Un cardinal du Vatican a jugé mercredi que les propos critiques du théologien suisse Hans Küng sur le pape Benoît XVI et la levée de l’excommunication d’un évêque intégriste négationniste étaient des accusations "sans preuve", dans une déclaration à Radio Vatican.
"J’ai été profondément blessé par la lecture de l’interview" d’Hans Küng, déclare le cardinal Angelo Sodano, doyen du collège des cardinaux et ex-secrétaire d’Etat de Jean Paul II. "Si le texte de l’interview est exacte, j’ai le devoir de dire qu’il s’agit d’affirmations sans preuve", déclare le cardinal, arguant de "l’engagement du pape à faire de l’Eglise une famille, la famille des fils de Dieu".
"Une critique fraternelle est toujours possible au sein de l’Eglise (...). Une critique amère, au contraire, ne contribue pas à l’unité de l’Eglise", ajoute le cardinal.
Dans cette interview publiée par le quotidien français Le Monde et reprise intégralement mercredi par le quotidien italien La Stampa, Hans Küng estime que l’Eglise catholique "risque de devenir une secte" réunissant un petit nombre de "vrais catholiques" accrochés aux traditions.
Il juge "scandaleux" que pour marquer le 50ème anniversaire du lancement de Vatican II par Jean XXIII, "le pape n’ait pas fait l’éloge de son prédécesseur mais ait choisi de lever l’excommunication de personnes opposées à ce concile" (les quatre évêques intégristes de la Fraternité Saint Pie X, ndlr).
Pour le théologien, longtemps proche du cardinal Ratzinger avant de devenir un farouche opposant au pape, Benoît XVI "n’est pas à l’aise avec la modernité et la réforme".
Le cardinal Sodano s’étonne enfin qu’un quotidien italien "respecté comme La Stampa, bien au courant de l’action du pape, ait voulu faire tant de publicité à cette interview".