Le hadj 2009 s’annonce mouvementé pour les autorités saoudiennes. Entre la grippe A et les possibles manifestations de fidèles iraniens, le royaume va sortir la grosse artillerie. Plus de 100?000 policiers et quelque 20?000 médecins et agents paramédicaux seront mobilisés pour veiller au bon déroulement du plus grand pèlerinage annuel au monde.
Malgré les efforts des autorités pour réduire les risques de contamination, quatre pèlerins venus effectuer le hadj ont déjà succombé au virus A (H1N1). Une vingtaine d’autres seraient contaminés, selon le Ministère de la santé. Le royaume a déconseillé le voyage aux personnes atteintes de maladies chroniques, aux plus de 65?ans, aux femmes enceintes et aux enfants. Mais rien ne semble pouvoir dissuader les deux millions et demi de fidèles musulmans attendus jeudi sur le mont d’Arafat.
Par avion, par bus et par bateau, les pèlerins affluent à Jeddah, au bord de la mer Rouge, d’où ils se dirigent vers les villes saintes de La Mecque et de Médine. L’aéroport et le port de Jeddah ont donc été équipés d’une douzaine de caméras thermiques permettant de repérer une fièvre anormalement élevée.
Branle-bas de combat
Des centaines de lits ont été ajoutés dans les hôpitaux situés à proximité des lieux saints, 1,5 million de doses de Tamiflu ont été stockées et quatre laboratoires d’analyses de dépistage du virus A (H1N1) fonctionnent à plein régime. Rien qu’à la grande mosquée, six cliniques seront ouvertes vingt-quatre heures sur vingt-quatre, a précisé à l’AFP le ministre de la Santé, le Dr Abdallah al-Rabia.
Par ailleurs, si Riyad a mis en garde contre tout mouvement politique pendant le pèlerinage, les autorités redoutent que les 65?000 pèlerins iraniens n’organisent une manifestation antiaméricaine vendredi. En 1987, la répression d’une manifestation similaire par la police saoudienne avait fait 402 morts. Les relations diplomatiques entre Riyad et Téhéran s’étaient tendues et les Iraniens avaient été interdits de pèlerinage jusqu’en 1991. Mais selon les responsables de la sécurité, le plus grand risque de ce grand rassemblement reste les mouvements de panique, comme celui qui a coûté la vie à 364?personnes en 2006.