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Opération Greenpeace: les sites nucléaires passés au peigne fin

Par AFP le 05.12.2011 à 08:24. mise à jour le 05.12.2011 à 19:55

Des militants de Greenpeace se sont introduits lundi matin dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine. Le ministère a ordonné une fouille approfondie de toutes les centrales nucléaires du pays.

Des militants de Greenpeace ont réussi un coup d’éclat lundi matin en s’introduisant dans plusieurs centrales nucléaires, dont celle de Nogent-sur-Seine (Aube), au sud-est de Paris, posant la question de la sécurité des installations.

Greenpeace a précisé s’être introduit au petit matin dans ces centrales "pour faire passer le message que le nucléaire sûr n’existe pas".

Vers 11 heures, l’organisation indiquait dans un communiqué que les militants étaient cachés dans plusieurs centrales non nommées et qu’ils parvenaient "à se déplacer sur ces sites sans être repérés par les forces de sécurité et les systèmes de surveillance".

"A ce jeu du chat et de la souris entre autorité qui dispose de moyens colossaux et des citoyens non-violents utilisant des méthodes très simples, il n’y a qu’un seul vrai perdant: le citoyen, qui se pensait à l’abri avec les centrales nucléaires présentées comme les plus sûres du monde", a souligné Sophia Majnoni, chargée de la campagne nucléaire chez Greenpeace.

Interrogé sur France Info, le ministre de l’Industrie, Eric Besson, a évoqué de possibles "dysfonctionnements" et a avoué sa surprise. Le ministère de l’Intérieur a, lui, ordonné lundi matin une fouille "approfondie" de toutes les centrales et installations nucléaires du pays.

EDF, de son côté, a indiqué que l’équipe de Greenpeace avait été "immédiatement détectée" à Nogent-sur-Seine et que l’intrusion n’avait eu aucune conséquence sur la sécurité des installations.

Ces personnes "ont été immédiatement détectées par le dispositif de sécurité et leur cheminement a été suivi en permanence sur le site, sans qu'il soit décidé de faire usage de la force", selon EDF. En fin de matinée, tous les militants ayant pénétré sur le site de Nogent avaient été interpellés, selon le ministère de l’Intérieur.

Tentatives sur plusieurs sites

Lundi matin, la gendarmerie a signalé des tentatives d’intrusion dans les sites nucléaires du Blayais (Gironde), Chinon (Indre-et-Loire) et Cadarache (Bouches-du-Rhône).

A Chinon et au Blayais, EDF a annoncé que des banderoles avaient été déployées et "immédiatement retirées", sans préciser si c’était à l’intérieur ou à l’extérieur.

A Nogent-sur-Seine, "une partie des militants a réussi à grimper sur le dôme de l’un des réacteurs, où ils ont déployé une banderole: +le nucléaire sûr n’existe pas+", a assuré Axel Renaudin, chargé de communication de Greenpeace.

Interrogé par BFMTV-RMC, Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a jugé "irresponsable" l’opération de Greenpeace.

"Il va falloir en tirer des conséquences. (...) On ne peut pas permettre que n’importe qui puisse entrer aussi facilement que ça dans une centrale nucléaire. On peut imaginer ce que certains pourraient en faire", a poursuivi M. Guaino.

L’intrusion de militants de Greenpeace sur des sites nucléaires leur donne "raison" en apportant la preuve qu’il n’y a pas de sécurité totale dans les centrales", a estimé de son côté le député-maire Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de Bègles (Gironde), Noël Mamère.

"Les fameux stress-tests effectués sur les centrales ne sont que des écrans de fumée puisqu’ils ont exclu tout ce qui relève des intrusions extérieures, du terrorisme et du crash d’un avion", a-t-il indiqué.

Championne du monde de l’atome, la France tire 75% de son électricité de son parc de 58 réacteurs.

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