La Grèce devrait connaître le nom de son nouveau Premier ministre dans la journée. Une nouvelle réunion des dirigeants de partis socialiste et conservateur chez le président de la République Carolos Papoulias est prévue dès 09h00 en Suisse.
Actuel chef du gouvernement socialiste, George Papandréou a annoncé sa démission hier, suite à la conclusion dimanche d’un accord de coalition avec l’opposition conservatrice en vue de sauver la Grèce de la faillite. Le pays attend de découvrir son nouveau gouvernement de coalition, fruit près de quatre jours de tractations et de calculs politiciens.
«J’adresse tous mes voeux de réussite au nouveau Premier ministre», a déclaré M. Papandréou hier dans un message télévisé à la nation. Il a souhaité que le nouveau gouvernement «de consensus politique» «lance à nos partenaires un fort message que nous Grecs savons assumer nos responsabilités et coopérer».
M. Papandréou n’a pas cité le nom de son successeur. Il a seulement souligné que le choix du futur premier ministre était «particulièrement institutionnel, ce qui renforce les institutions».
Papademos en lice
Selon une source gouvernementale, George Papandréou aurait accepté les conditions posées par Lucas Papademos pour prendre la tête d’un gouvernement de coalition. Le Premier ministre démissionnaire aurait joint par téléphone le chef de file de l’opposition Antonis Samaras, l’invitant à prendre contact avec Lucas Papademos.
Actuellement professeur d’économie à Harvard, aux Etats-Unis, Lucas Papademos est âgé de 64 ans. Il a notamment été gouverneur de la Banque de Grèce (1994-2002), puis vice-président de la Banque Centrale Européenne aux cotés de Jean-Claude Trichet (2002-2010).
Six prétendants
Pour maints commentateurs, le favori est Philippos Petsalnikos, président socialiste du parlement grec. Cet avocat de formation âgé de 60 ans est respecté des milieux politiques mais sans stature à l’étranger. Il est un compagnon de route de M. Papandréou depuis 25 ans.
Quatre autres sexagénaires sont aussi en lice, estiment les médias. Ils citent le professeur de droit Vassilios Skouris, l’économiste Panagiotis Roumeliotis, le professeur de sciences politiques Nikiforos Diamandouros et le député européen du Pasok Ioannis Koukiadis.
Exaspération générale
Alors que la désignation du nouveau Premier ministre se faisait attendre, le gouverneur de la Banque de Grèce Georges Provopoulos a exprimé hier l’exaspération générale face aux dangers de faillite courus par le pays. Il a souligné que la formation «immédiate» du nouveau cabinet est «impérative» pour «garantir l’avenir du pays dans la zone euro» et sauvegarder son système bancaire.
Il a aussi souhaité un «gouvernement fort» pour mettre en oeuvre le plan européen de désendettement adopté par la zone euro fin octobre et le surcroît d’austérité en découlant pour le pays.
La presse criait grâce: «La Grèce est dénigrée à l’étranger et le peuple grec voit ses dirigeants politiques jouer avec son avenir», a déploré le journal libéral «Kathimérini». Le socialiste «Ta Néa» dénonçait un «jeu byzantin bleu-vert», aux couleurs respectives des conservateurs et des socialistes, tandis que l’hebdomadaire anglophone «Athens News» déplorait un «naufrage sans capitaine».