La trêve a vécu. Quelques heures avant son expiration, les factions armées palestiniennes ont décidé de ne pas reconduire la suspension des hostilités avec Israël conclue le 19 juin pour une durée de six mois. «L’accalmie est terminée. L’ennemi n’a pas respecté ses obligations», a déclaré Ayman Taha, un porte-parole du Hamas à Gaza, en référence à la condition posée par le mouvement islamiste d’un desserrement du blocus de la bande de Gaza, en échange d’un arrêt des tirs de roquettes.
Guerre sporadique
A Gaza, les Palestiniens avaient affublé la trêve du surnom de «Tapuzina» du nom d’une marque israélienne de jus de fruits, l’un des quelques produits autorisés à rentrer sur le territoire, parmi une longue liste de marchandises interdites depuis dix-huit mois. «La trêve a échoué car les gens n’y ont vu aucun bénéfice», commente Ahmed Youssef, conseiller du gouvernement Hamas qui contrôle Gaza depuis 2007. Israël, de son côté, accuse le Hamas d’avoir profité de la période pour se renforcer militairement.
Dans les faits, la trêve était de facto rompue depuis que l’armée israélienne a lancé une opération, le 4 novembre, contre un tunnel destiné à capturer des soldats, selon l’armée. Le Hamas avait déclenché en représailles des tirs de roquettes sur les localités du Neguev proches de la bande de Gaza. Depuis cette date, les deux camps se sont livrés à une guerre sporadique, tirs de roquettes palestiniennes contre frappes aériennes israéliennes, dans laquelle 23 Palestiniens ont été tués et un civil israélien blessé.
L’Etat hébreu a également renforcé le blocus contre le petit territoire palestinien, y compris vis-à-vis de l’aide humanitaire. L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (Unrwa) a annoncé hier être dans l’obligation de suspendre ses distributions de nourriture à quelque 750?000 Palestiniens après avoir épuisé ses réserves. Dans l’immédiat, un embrasement est peu probable. Le Hamas se contentant d’affirmer que «tout acte d’agression trouvera sa réponse».
Israël réticent à une opération d’ampleur
«Le Hamas a besoin de calme pour renforcer son emprise sur la bande de Gaza. Les quelques mois de trêve lui ont permis de mettre au pas les familles Helles et Dorghmush, puissants clans de Gaza qui résistaient encore à son autorité», observe Ali Abou Shahla, un analyste de Gaza, évoquant l’échéance du 9 janvier prochain, fin officielle du mandat de Mahmoud Abbas à la tête de l’Autorité palestinienne.
Côté israélien, en dépit des déclarations martiales des candidats aux élections législatives de février prochain, le ministre de la Défense, Ehud Barak, et son chef d’état-major, Gabi Ashkenazi, restent réticents à une opération militaire de grande
ampleur contre la bande de Gaza.