- A suivre les sondages, l’enjeu du second tour ne portera plus dans les 22 régions métropolitaines que sur l’ampleur de la victoire de la gauche. A une exception près: en Alsace, les enquêtes ne permettent pas de trancher entre Philippe Richert, le candidat de la majorité présidentielle arrivé en tête le 14 mars, et le socialiste Jacques Bigot, tous deux crédités de 43,5% des intentions de vote.
- Dans cette région à la longue tradition gaulliste et centriste, l’incertitude des prévisions constitue en soi un événement. Aux régionales de 2004, la droite y avait remporté une nouvelle victoire contre une gauche majoritaire partout dans le pays, sauf en Corse. C’est en Alsace aussi que Nicolas Sarkozy avait obtenu ses meilleurs résultats à la présidentielle - 65, 5% des voix.
- La récession, la conjoncture sociale, la montée du chômage ne comptent pas pour rien dans le rééquilibrage qui s’est instauré depuis lors. De cette inquiétude, la gauche tire mieux profit qu’une droite affaiblie par la crise, privée d’un leader incontestable depuis le décès en août dernier du président du conseil régional Adrien Zeller, et de surcroît embarrassée par le discours tempéré de ses adversaires: la compétition se déroule au centre.
- Son issue dépendra de l’éventuelle redistribution des voix des électeurs du Front national (13,4% au premier tour), du report des votes écologistes (15,6%) et du réveil des abstentionnistes (56,6%). A la veille du scrutin, toute prévision paraît hasardeuse.
Jean-François Verdonnet