La semaine dernière, elle n’excluait pas d’être la "porte-parole" de Nicolas Hulot en campagne mais espérait que l’ex-animateur fasse "l’inverse". Mercredi, Eva Joly a créé la surprise, à deux doigts d’être élue dès le premier tour de la primaire comme candidate EELV pour 2012.
Pourtant, de nombreux responsables d’EELV voyaient encore mardi matin l’ex-animateur d’Ushuaïa remporter le scrutin.
C’est à "la Chocolaterie", le siège d’EELV, que la patronne Cécile Duflot a annoncé les résultats après l’ouverture en secret de l’urne électronique.
A 60 voix près
Avec 49,75% des voix, Eva Joly rate à une soixantaine de votes près la majorité absolue. Très loin derrière, Nicolas Hulot ne recueille que 40,22%, mais a récupéré des voix sur le vote électronique, les tendances du seul vote papier la veille ne le donnant qu’à 30-35% contre 50 à 55% à sa rivale.
"C’est une surprise et une déception dues à la brièveté de sa campagne", juge Yves Cochet, soutien de l’homme du Pacte écologique de 2007. Une "grande satisfaction" avec une "avance confortable", sourit pour sa part Yannick Jadot, porte-parole de l’ex-juge.
Le débat de second tour à Grenoble jeudi est donc maintenu, et le vote reprendra aussitôt jusqu’au 7 juin, a rappelé Mme Duflot, au côté de Philippe Meirieu.
Ces deux responsables, officiellement neutres, avaient au fil de leurs dernières déclarations, eu du mal à cacher leur préférence pour M. Hulot.
Pour Yannick Jadot, "c’est une deuxième élection qui commence" mais "ce vote traduit la légitimité et la crédibilité d’Eva Joly chez les écologistes", "je ne crois pas qu’il y ait eu un vote de rejet de Nicolas Hulot", dit-il.
Le camp Hulot y croit encore
Dans le camp Hulot qui s’est aussitôt réuni autour du candidat, on y croit encore. Jo-Wilfried Tsonga "était bien mené deux sets à zéro avant de gagner trois sets à deux" face à Roger Federer à Wimbledon, souligne Denis Baupin, dans un parti où en 2007, Yves Cochet a perdu de deux voix face à Dominique Voynet, et Noël Mamère de moins de cent bulletins face à Alain Lipietz en 2002, avant de redevenir candidat.
Pour M. Baupin qui reconnaît "sans doute une surestimation de la dynamique" autour de Hulot, ses propos polémiques sur Jean-Louis Borloo "n’ont pas contribué à clarifier son message". S’il "a pris un coup sur la tête" mardi, "il est d’attaque pour repartir", dit-il alors que des rumeurs disent que l’écologiste vedette pourrait se retirer.
"Même dans le pire des scénarios, Nicolas gardera sa rationalité et analysera les choses", disait Jean-Paul Besset avant le résultat, assis à une table de café entre Pascal Durand et Yannick Jadot, entre blagues potaches et quasi-désespoir des "hulotistes".
Mme Duflot s’est par ailleurs félicitée du "grand succès de cette primaire" par le nombre d’inscrits (32.896) et "le formidable taux de participation", 77,3% (0,37% de votes blancs).
Le vote électronique bientôt contesté ?
Les "petits" candidats, l’alsacien Henri Stoll et l’anti-nucléaire Stéphane Lhomme, totalisent à eux deux 8,5%. Le mandataire de ce dernier a indiqué qu’il y aurait "éventuellement une contestation sur le vote électronique".
Par ailleurs, un problème a été soulevé par certains sur les quelque 600 inscrits à la primaire par le Mouvement écologiste indépendant d’Antoine Waechter, qui ne compteraient en fait que 200 adhérents à jour de leurs cotisations.
Quant aux 163 votes nuls, quelques bulletins comprenaient les noms de Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit...