France

Fillon gagnant et Sarkozy perdant

Par Jean-Noël Cuénod (Paris) le 15.11.2010 à 00:02

Le nouveau gouvernement est d’une couleur, celle de l’UMP. Borloo et Morin sont furieux

Après cinq mois de tergiversations dignes de la Quatrième République, Nicolas Sarkozy a dû se résoudre à renommer François Fillon chef du gouvernement et à prendre dans le nouveau cabinet l’ancien premier ministre et figure de proue des chiraquiens Alain Juppé qui, pourtant, n’a pas ménagé ses critiques à l’endroit du président français. Fillon apparaît donc comme le grand vainqueur de ce remaniement. Il est resté à la tête de Matignon selon ses conditions et non celles du président.

Retour des chiraquiens
De plus, la vieille garde chiraquienne revient au premier plan avec, outre Juppé, Michèle Alliot-Marie qui se voit propulsée ministre d’Etat aux Affaires étrangères, Roselyne Bachelot qui sauve sa place en prenant un vaste Ministère de la cohésion sociale et l’ancien porte-parole sous la présidence de Chirac, François Baroin, qui devient… porte-parole de ce nouveau gouvernement! L’UMP reprend donc en main toutes les manettes de l’Exécutif. Et ce n’est pas tout: le parti ex-gaulliste n’aura plus comme patron Xavier Bertrand — nouveau ministre du Travail et fidèle sarkozyste — mais Jean-François Copé qui n’est pas un admirateur du président, loin s’en faut. Dès lors, Sarkozy perd aussi son pouvoir absolu sur l’UMP.
Dans le psychodrame qu’il a enclenché en juin lors de l’annonce de son remaniement, Nicolas Sarkozy a joué perdant. Son premier ministre est devenu le candidat le plus populaire à droite pour les élections de 2012 et il s’est fait de nouveaux ennemis au centre.

Pétaudière?
En présentant Jean-Louis Borloo comme futur premier ministre — avant de se raviser sous les pressions organisées par Fillon et l’UMP — Sarkozy a rendu impossible le maintien du radical au gouvernement. Borloo est désormais libre de se présenter comme candidat à la présidentielle de 2012. Sa première tâche consistera à fédérer la galaxie centriste, ce qui ne sera pas une mince affaire. D’autant plus que ce remaniement a provoqué une autre colère, celle d’Hervé Morin, patron du Nouveau Centre, qui se voit chassé du Ministère de la défense. Furieux, il a dénoncé la formation d’une équipe électorale étroitement UMP. Morin va également lancer sa candidature à la présidentielle, ce qui va provoquer une guerre ouverte entre lui et Borloo, avec tous les risques de transformer la majorité en pétaudière.

Rama Yade évincée
Enfin, parmi les évincés citons l’ancien ministre du Travail Eric Woerth, «carbonisé» par l’affaire Bettencourt, Rama Yade, peu encline à la discipline, Fadela Amara, devenue invisible, et Bernard Kouchner, réduit à l’état d’ectoplasme.

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