Avec le renvoi de Jacques Chirac devant le Tribunal correctionnel de Paris, c’est tout un système qui fait naufrage: la Chiraquie. L’un après l’autre, nombre de ses proches tombent sous le coup de décisions judiciaires. Des affaires souvent fort différentes l’une de l’autre mais qui ont l’ancien président de la République comme dénominateur commun.
Les proches et leurs ennuis
Chef de gouvernement préféré de Jacques Chirac, Alain Juppé avait été le premier chiraquien d’envergure à subir les rigueurs des juges. Il fut condamné à 14 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité en 2004 dans le même contexte que celui qui concerne Chirac aujourd’hui, à savoir les emplois fictifs de chargés de mission auprès de la Mairie de Paris. A l’issue de la condamnation de Juppé, il se dégageait cette forte impression: l’ancien premier ministre avait payé à la place de son chef.
Si les relations s’étaient détériorées entre les deux hommes depuis la candidature de Balladur à la présidentielle de 1995, Charles Pasqua et Jacques Chirac marchaient auparavant main dans la main et ont fait ensemble moult coups politiques notamment lorsque Chirac était le premier ministre de François Mitterrand. Or, Pasqua vient d’être condamné dans l’Angolagate à un an de prison ferme (il conteste ce verdict auprès de la Cour d’appel). Quant à Gaston Flosse, le protégé de Chirac en Polynésie, il a été mis en examen le 30 septembre pour, notamment, corruption passive. Accusation qu’il nie.
Autre coup politique qui a mal tourné: les faux relevés bancaires de Clearstream. Durant son procès, le bras droit de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, s’est employé à soustraire l’ancien président de cette affaire qui aurait pu nuire à Nicolas Sarkozy que Chirac déteste. Villepin attend son jugement qui sera prononcé le 28 janvier.
Le financement des partis
A part ce dernier dossier, ces affaires ont pour toile de fond (et de fonds !) le financement de la vie politique. Dans ce registre, le Parti socialiste a lui aussi été surpris la main dans le pot de confiture. Depuis l’élection du président de la République au suffrage universel, dès 1962, le coût des campagnes a pris des proportions vertigineuses. D’où le recours à des méthodes, disons, inorthodoxes, pour financer des partis devenus de grandes machines électorale. Depuis, un certain nombre de lois ont eu pour but d’assainir cette situation.