Les Français, parfois, aiment à renverser les trônes. Ils n’apprécient pas, toutefois, que leur roi s’avise d’en faire de même. C’est sans doute l’une des leçons à tirer de ces élections régionales qui illustrent, certes, une remobilisation de la gauche, mais traduisent aussi une désaffection des citoyens de droite vis-à-vis de la méthode Sarkozy. Il a fâché la plupart des catégories qui, d’ordinaire, votent pour l’UMP. Les médecins en ont pris pour leur rhume à la suite d’une campagne de vaccination contre la grippe A qui a rappelé les charmes de l’organisation soviétique. Les paysans se sont sentis enterrés par les mesures destinées à draguer – vainement d’ailleurs – les électeurs écologistes. Les catholiques traditionnels ont dû avaler leur missel avec les déclarations du ministre Frédéric Mitterrand concernant le tourisme sexuel. Et les élus de l’UMP se sont sentis frustrés en voyant des places prestigieuses prises par des personnalités de gauche. Nicolas Sarkozy se voulait iconoclaste, les siens l’ont puni. Tout en le préservant d’une humiliation puisque l’Alsace demeure dans le giron de l’UMP.
Cela dit, l’élection présidentielle de 2012 est loin d’être perdue pour l’omniprésident. Tout d’abord, les alliances conclues entre les socialistes et les Verts peuvent tourner au vinaigre. Ensuite, Sarkozy présidera le G20 – qui regroupe les pays les plus puissants de la planète – en 2011. Or, il se montre souvent à l’aise sur la scène mondiale. Pour lui disputer cette stature internationale, il faudra au moins un Strauss-Kahn, le patron socialiste du FMI!