Cette fois, c’est une vraie épreuve qui attend Barack Obama. Sans doute la première de son premier mandat, dont l’issue pourrait lui ouvrir ou lui fermer les portes d’une réélection.
Car contrairement à la marée noire du golfe du Mexique, sur laquelle il n’a pas vraiment prise, le commander-i n-chief était le seul à pouvoir décider du sort du général Stanley McChrystal. Et à travers lui de la manière de conduire la guerre en Afghanistan, où 100?000 GI combattent les talibans aux côtés de 50?000 soldats de l’OTAN.
Qu’il ait fini par accepter, hier, la démission du chef de son corps expéditionnaire trop bavard ne changera pas grand-chose pour le président américain.
Non, car ce qui est remis en cause aujourd’hui par cette affaire, c’est bien la stratégie présidentielle en Afghanistan plutôt que l’homme qui l’a appliquée jusqu’ici. De manière très fidèle au demeurant et contre l’avis de plusieurs conseillers de la Maison-Blanche.
En d’autres termes, le pari fou d’Obama – inspiré évidemment par le général McChrystal – d’inverser le cours de la guerre en envoyant d’importants renforts entre Kaboul et Kandahar dans l’espoir d’accélérer le retrait de ces mêmes troupes, ce pari est en passe d’échouer. Dans la fureur et le sang d’une guerre qui a maintenant détrôné celle du Vietnam comme le conflit le plus long de l’histoire des Etats-Unis.
L’alerte est désormais au rouge pour le président-Prix-Nobel-de-la-paix. Et il n’est pas sûr que son immense talent politique lui suffise à sortir du piège afghan.