Quinze jours après le premier tour de l’élection présidentielle, les jeux semblent faits en Iran. Pour l’instant en tout cas. Etouffée, matraquée, quand elle ne tombe pas sous les balles des bassidjis, l’opposition incarnée par le candidat réformateur Mir Hossein Moussavi n’a plus d’espace pour contester la réélection de Mahmoud Ahmadinejad.
Ce dernier, fort de l’appui inconditionnel du guide suprême Ali Khamenei, a recommencé ses provocations à l’égard de l’Occident, exigeant par exemple des excuses de Barack Obama pour s’être ingéré dans les affaires intérieures de la République islamique.
Bref, on serait de retour à la case départ.
A y regarder de plus près, les choses sont en fait beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît. Et tout espoir de changement aux pays des mollahs n’est pas perdu.
Le scrutin du 12 juin dernier et la campagne électorale qui l’a précédé ont en fait confirmé une profonde fracture dans un système politique qui avait jusqu’ici réussi – grâce à d’incessants compromis – à présenter une façade d’unité.
C’est que, face aux demandes d’ouverture et de réformes d’une bonne partie des Iraniens, les contradictions de ce régime politico-religieux ne pouvaient qu’éclater au grand jour.
Pour l’heure, les durs semblent l’avoir emporté. Mais, face à la crise économique et aux pressions internationales, il y a fort à parier que le couple Ahmadinejad- Khamenei ne pourra pas tenir longtemps sans lâcher du lest.
C’est le moins que l’on puisse souhaiter aux Iraniens épris de liberté.