Le Parti socialiste a recueilli 29,1 à 30% des voix et le parti de la droite présidentielle UMP de 26,7% à 27,3%, selon les estimations des instituts de sondages TNS-Sofres et OpinionWay.
Au second tour dimanche prochain, le PS pourra compter sur les suffrages des écologistes (12,3 à 13,1% des suffrages) et de la gauche radicale (autour de 6%), face à une droite sans réserve de voix.
La gauche, qui depuis 2004 dirige 24 des 26 régions françaises (outre-mer compris) espère ainsi être en mesure de réaliser le "grand chelem" et de gagner dans les seules régions qui lui échappent encore - la Corse et l’Alsace - , moyen pour elle de regagner en crédibilité face à une droite victime de l’impopularité de Nicolas Sarkozy.
"Le Parti socialiste est le premier parti de France avec une gauche particulièrement forte dans toutes ses familles", s’est réjoui l’ancien premier secrétaire du PS, François Hollande.
Le parti d’extrême droite du Front national, dirigé par Jean-Marie Le Pen, a réalisé un score important, supérieur à 10% (11,2 à 12%).
L’abstention a été record à 52% lors du premier tour de ce scrutin au cours duquel 44,2 millions d’électeurs doivent élire les conseillers qui composeront les assemblées des régions françaises. Au premier tour des dernières régionales en 2004, elle avait été de 39,16%.
"La faible participation ne permet pas de tirer un enseignement national de ce scrutin. Contrairement aux pronostics, rien n’est joué pour le second tour", a estimé le Premier ministre François Fillon.
Il s’agit de la dernière élection intermédiaire avant la présidentielle de 2012. Nicolas Sarkozy a répété que cette élection était régionale et qu’elle ne pouvait avoir de conséquences nationales, même si la présence de 20 ministres sur les listes de candidatures a accentué la dimension de test national de ce scrutin. Il a d’avance écarté cette semaine tout remaniement ministériel d’importance, sans pour autant exclure "quelques adaptations gouvernementales".
Mais le chef de l’Etat, qui enregistre près de 60% d’opinions négatives selon les derniers baromètres, a dit qu’il écouterait le message des électeurs.
Le président a dû ces derniers mois affronter la crise économique et ses conséquences sur l’emploi avec un taux de chômage de 10%, le plus haut depuis 10 ans. Il a aussi été critiqué pour sa gestion de plusieurs dossiers, comme celui du rapport de la société française à l’immigration, à l’occasion d’un débat sur l’identité nationale qu’il avait initié.
La victoire très large de la gauche qui se dessine pour le second tour de dimanche prochain devrait représenter un immense succès personnel pour la patronne du PS Martine Aubry, en quête de légitimité, pour s’imposer comme la meilleure candidate de son camp en 2012 face à sa rivale Ségolène Royal et au très populaire Dominique Strauss-Kahn, actuel directeur du Fonds monétaire international (FMI).
Dans son fief du Poitou-Charentes (centre-ouest), Ségolène Royal, candidate malheureuse de la présidentielle de 2007 isolée au sein de son parti, est arrivée en tête.
Dans la région Provence-Côte d’Azur (sud-est), Jean-Marie Le Pen, 81 ans, qui livre son dernier combat électoral, a obtenu 20% selon TNS Sofres tandis que les listes de droite et du PS sont arrivées à égalité.
Le parti centriste du Mouvement démocrate (Modem) de François Bayrou, qui fut le troisième homme lors de la présidentielle de 2007, n’a obtenu que 3,4 à 4% des suffrages.