"Le sommet financier va adopter un plan d'action pour démontrer que la communauté des Etats a la capacité d'agir", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel. "Il existe ici une grande volonté commune de s'assurer qu'une telle crise ne se reproduira pas et de relancer l'économie mondiale le plus rapidement possible", a-t-elle ajouté devant la presse.
Le président américain George W. Bush, hôte de la réunion, a qualifié les discussions de "bonnes et franches". Il a aussi mis en garde contre un regain de protectionnisme dans le monde, "l'un des dangers d'une crise comme celle que nous traversons".
Relance, régulation et réforme
Le communiqué attendu à l'issue de la réunion devait lancer des "messages positifs de trois ordres: stratégie de soutien concerté à l'économie mondiale, nouvelle régulation du système financier et une réforme des institutions financières internationales et de la "gouvernance mondiale", a affirmé la présidence française de l'Union européenne.
Selon l'entourage du président Nicolas Sarkozy, ce projet de communiqué de cinq pages, assorti d'un plan d'action "détaillé", prévoit que des groupes de travail mettent au point une première série de mesures d'ici le 31 mars 2009. Un second sommet du G20 sera convoqué au plus tard le 30 avril.
Zone d'ombre interdite
Ce texte reprend en particulier l'idée qu'aucun territoire, marché ou institution ne doit échapper à une réglementation ou à une surveillance "appropriée", y compris les fonds spéculatifs, et celle de la mise en place de groupes de superviseurs.
Le texte insiste aussi sur un renforcement de la coopération internationale contre les centres financiers offshore. Les pays du G20 s'engageraient ainsi à prendre des mesures en ce sens et à revoir les règles de conduite avec les banques implantées dans ces centres d'ici le 31 mars prochain.
Le G20 juge par ailleurs nécessaire de mettre en oeuvre une stratégie de soutien de l'économie mondiale par des politiques de relance, y compris budgétaire, et par la mise à contribution de la politique monétaire. Ce dernier point est "implicitement un appel à la baisse des taux d'intérêt", souligne un négociateur français, pour qui il était impossible d'avoir des préconisations plus précises.
Pas de régulateur mondial
Il n'est cependant plus question d'une réforme globale du système financier, sorte de Bretton Woods II, souhaitée par certains pays. M. Bush a mis en garde ces derniers jours contre un excès de réglementation, les Etats-Unis s'opposant farouchement à l'instauration d'un régulateur mondial unique.
Selon le président américain, le sommet réaffirmera "notre conviction que les principes du libéralisme économique nous offrent la meilleure voie vers une prospérité durable".
La Maison Blanche a proposé deux nouveaux mécanismes: un "collège de superviseurs" formé d'autorités de régulation pour surveiller les 30 plus grandes banques mondiales et un "système d'alerte précoce" des crises financières à confier éventuellement au FMI.
Mais il est difficile pour Washington de s'engager davantage car le 20 janvier, Bush laissera la place à Barack Obama, absent du sommet. Dans une allocution radiophonique, ce dernier a salué la réunion du G20, parce que "la crise économique mondiale requiert une réponse mondiale coordonnée".
Le G20 rassemble le G8 (Allemagne, France, Etats-Unis, Japon, Canada, Italie, Royaume-Uni, Russie, UE), ainsi que l'Afrique du Sud, l'Arabie Saoudite, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique et la Turquie. L'Espagne et les Pays-Bas ont également été invités.