La pluie avait cessé sur l’île touristique de Madère. Elle laisse place à la désolation. Les trombes d’eau qui se sont abattues sur l’archipel portugais vendredi et samedi ont charrié des tonnes de boue et détruit de nombreuses constructions. Mais c’est le bilan humain qui est le plus lourd: au moins 42 morts et plus d’une centaine de blessés.
La violence des flots
Funchal, la capitale de cette région autonome située à environ 900?kilomètres du sud-ouest du Portugal, est particulièrement touchée par la catastrophe. Les pompiers ont retrouvé 17 cadavres dans la ville, peuplée de quelque 100?000 âmes. Le bilan pourrait être plus important. Un centre commercial notamment a été entièrement détruit et les pompiers redoutent de découvrir des victimes dans le parking souterrain, encore sous les eaux.
Partout dans les rues, des voitures retournées témoignent de la violence des flots qui ont envahi la ville en moins d’une heure. Des ponts se sont écroulés et beaucoup de maisons ont été détruites. «C’était horrible et très effrayant. Les rues ressemblaient à de véritables rivières. Nous avons même vu un cadavre flotter», a confié Neusa Abreu, une habitante.
Solidarité spontanée
Dès samedi, d’importants moyens ont été dépêchés depuis Lisbonne à bord d’une frégate militaire transportant notamment des hélicoptères, une équipe médicale et du matériel de secours. Hier, toute la journée, les secours, aidés d’engins lourds, ont déblayé les débris amoncelés dans la partie basse de Funchal, située en bord de mer et où s’alignent sur des kilomètres complexes touristiques et hôtels de luxe. La «perle de l’Atlantique» est particulièrement prisée par les touristes britanniques et allemands, attirés par ses paysages volcaniques et son climat d’une exceptionnelle douceur.
Outre le bilan humain, qui reste provisoire, la Protection civile a dénombré quelque 250?personnes sans abri. Une centaine d’entre elles ont passé leur deuxième nuit dans une garnison de Funchal; bon nombre ont été relogées par des habitants plus chanceux. Selon des témoignages, une chaîne de solidarité s’est spontanément mise en place. «Des personnes ont commencé à préparer des repas pour d’autres, d’autres ont prêté des vêtements pour que ceux qui étaient mouillés puissent se changer», a raconté un habitant de Funchal.
Il est tombé 90?mm en trois jours
L’archipel de Madère, autrefois fréquenté par Winston Churchill et l’impératrice Sissi, qui a vu naître Cristiano Ronaldo, n’avait pas connu un tel déluge depuis 1993. En 3?jours, il est tombé 90?mm de précipitations à Funchal (dont 59?mm en 24?heures et 50?mm en 6?heures), soit l’équivalent de ce que reçoit l’île en un mois.