Ci-dessus, audio de Pierre-Yves Michau, procureur de la République à Bonneville, en charge de l'enquête
Le crash s’est produit hier matin à deux pas de la frontière franco-suisse, près du barrage d’Emosson (Valais). A Vallorcine, coté Haute-Savoie, dans le hameau de Barberine, à 9?h?50, un hélicoptère s’écrase; les quatre occupants décèdent: le pilote de la société Chamonix-Mont-Blanc Hélicoptères, le fils du directeur de CMBH, un salarié de la compagnie du Mont-Blanc ainsi que le chef d’usine EDF de Vallorcine.
«J’ai vu l’hélicoptère remonter en direction du barrage, le long de la rivière, la Barberine, puis, il a fait demi-tour. Je l’ai perdu de vue et dix secondes plus tard, j’ai entendu une énorme déflagration», raconte Lucien Crettenand, barragiste, qui effectuait des mesures géodésiques au barrage au moment du crash.
Selon les premiers éléments, le pilote venait de déposer deux ouvriers au pied d’un pylône du téléphérique, reliant Vallorcine au barrage. «Alors qu’il était en vol il a percuté le câble du téléphérique», précise le procureur de Bonneville Pierre-Yves Michau. «Il a perdu son rotor arrière, s’est écrasé en contrebas et a pris feu.»
Sur place, les secours découvrent l’appareil quasi carbonisé. Deux des corps sont retrouvés à distance de la carcasse, un autre dans l’hélicoptère. «Le quatrième n’a été découvert qu’en fin de matinée, sous les débris de la carlingue», ajoute le procureur. Dès le début de l’après-midi, les techniciens de la gendarmerie des transports aériens ont procédé aux premières investigations.
Choqué par la perte de son fils, Pascal Brun, directeur de CMBH et pilote émérite, pense que son collaborateur a été ébloui. «On a beau connaître le terrain, le risque zéro n’existe pas», a-t-il affirmé devant les caméras d’M6.
Suite à ce vol, l’hélicoptère devait rejoindre Saint-Gervais afin de monter des ouvriers sur le chantier du refuge du Goûter. «C’était ce pilote qui les amenait tous les matins au sommet, commente le Genevois Thomas B¨uchi, ingénieur bois du refuge. Nous sommes tous très touchés par ce drame.»