Dans septante-cinq?ans, New York pourrait être une proie facile aux inondations. Les ours polaires pourraient disparaître d’Alaska. Les vagues de chaleur pourraient se multiplier à Chicago et la température de Floride pourrait augmenter de 4,1%. Mardi, la Maison-Blanche a tiré la sonnette d’alarme en publiant un rapport de 196 pages sur les effets du réchauffement climatiques en cas d’inaction de la part des pouvoirs politiques.
Les auteurs préviennent que l’impact du changement climatique sur la planète est irréversible, mais qu’il peut être atténué. «Cela nous dit sans équivoque possible pourquoi nous devons agir le plus tôt possible», a déclaré John Holdren, directeur du Département de la Maison-Blanche pour la politique scientifique et technologique. «Cela nous dit pourquoi nous devons prendre des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour nous permettre de nous adapter aux changements inévitables.»
Projet de loi sur le CO2
John Holdren symbolise le changement d’approche radical de la Maison-Blanche sur la politique climatique depuis l’arrivée de Barack Obama au pouvoir. Cet ancien professeur de Harvard a consacré sa carrière à faire des recherches sur les causes et les conséquences des changements climatiques. Le conseiller Barack Obama pour la science et la technologie est à des lieues de George Bush qui contestait la réalité du réchauffement de la planète.
La publication de ce rapport va peser sur les débats au Congrès. Les parlementaires négocient pour tenter de trouver un accord sur un projet de loi qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 17% d’ici à 2020 par rapport à leur niveau de 2005. Le sujet est sensible et divise la majorité démocrate. Henry Waxman, représentant californien et principal promoteur du texte, doit conjuguer avec Collin Peterson, un représentant du Minnesota, connu pour ses performances musicales dans des groupes de country et sa défense passionnée des intérêts des fermiers américains. Ces derniers sont opposés au programme de bourses des émissions de CO2 tel qu’il est défini actuellement dans le projet de loi.
La Maison-Blanche espère néanmoins que les parlementaires parviendront à un accord d’ici à fin juillet pour lui permettre de préparer sereinement le sommet de Copenhague en décembre, où doit être négocié un successeur au Protocole de Kyoto sur les émissions de gaz à effet de serre.