«Je ne savais même pas qu’un drame avait eu lieu!» Roger vient d’arriver à Excenevex pour passer ses vacances. Dans leur enquête sur la mort d’un nourrisson retrouvé momifié dans un sac à dos sous le balcon de la maison d’en face, les gendarmes puis les journalistes locaux ont interrogé Roger et tout le voisinage. «Ce sont eux qui me l’ont annoncé lundi», raconte Alice Vaudaux, une retraitée qui n’en revient toujours pas.
Dans cette commune des bords du Léman, près d’Yvoire, une retraitée lyonnaise de 67?ans, avait bien remarqué la présence d’un sac à dos sous le balcon de sa résidence secondaire. Mais, croyant que quelqu’un l’avait oublié, elle ne s’en est pas inquiétée outre mesure. Cette matinée-là, pourtant, une forte odeur se dégageait du sac. C’est là que la propriétaire de la maison a découvert le corps, enveloppé dans un linge et desséché par la chaleur.
Selon les premières constatations, le nouveau-né était mort depuis près de trois semaines. Par où commencer l’enquête, lorsqu’il n’y a aucun indice? Les enquêteurs ont sondé les pharmacies alentour, pour savoir si des médicaments pour stopper les montées de lait avaient été vendus récemment. Le propriétaire de la Pharmacie du Chablais, à Douvaine, est formel: «Ces produits se vendent peu, et doivent être prescrits sur ordonnance. Personne ne m’en a présenté. La personne recherchée n’est pas passée par chez nous.» Il ajoute: «La police n’a peut-être pas de piste, mais je doute qu’elle trouve quoi que ce soit chez un pharmacien.»
Hier matin, l’agitation causée par la macabre découverte et le ballet de voitures de gendarmes, était retombée.
Un havre de paix
Chemin de Ceresy, cela sent à nouveau l’herbe fraîche et les vacances. Un havre de paix. D’ailleurs, la plupart des portails de résidences secondaires sont cadenassés. Pas celle du numéro 174. L’entrée du jardin est grand ouverte. Au bout du chemin, le balcon où le sac a été découvert.
A Excenevex, les habitants ont une réaction commune: méfiance. Réponse unanime: «Personne ne sait rien.» Ni sur le sac, ni sur la résidente saisonnière.
«La police est venue pour une enquête de voisinage. Les occupants de la maison sont des touristes, je ne sais pas s’ils ont préféré partir. Croyez-vous que je m’occupe de tout le voisinage?» s’agace un riverain.
Le Parquet du Tribunal de Thonon-les-Bains a confié l’affaire au pôle de l’instruction d’Annecy, en Haute-Savoie. Une information judiciaire a été ouverte pour «homicide». Le corps de l’enfant a été retrouvé dans un si mauvais état qu’aucune autopsie n’a été possible. Son sexe n’a d’ailleurs pas pu être identifié.