Barack Obama a rapidement crevé l’abcès. Au lendemain de la parution d’un article explosif dans le magazine Rolling Stone, dans lequel le général Stanley McChrystal critiquait abondamment son gouvernement, le président américain a décidé de renvoyer l’officier en charge des opérations en Afghanistan.
Il l’a remplacé par le général David Petraeus, qui supervisait les guerres en Irak et en Afghanistan. «C’est une décision difficile et ça m’attriste de perdre un soldat que j’apprécie et admire, a affirmé le président. Mais c’est la bonne décision», a-t-il ajouté.
Pas de divergence sur la stratégie
Barack Obama, qu’un collaborateur de McChrystal avait décrit «intimidé» lors de sa première rencontre avec des officiers de l’état-major au début de 2009, a assuré qu’il ne se sentait pas insulté, car le général a toujours «fidèlement» suivi ses ordres, explique-t-il. Le président a également affirmé qu’il n’y avait aucune divergence entre eux sur la stratégie à adopter en Afghanistan, mais il a martelé que la conduite de McChrystal n’était pas «conforme aux attentes que nous avons envers un commandant militaire».
Flanqué de son vice-président, Joe Biden, et du général David Petraeus, Barack Obama a également avancé qu’il ne tolérerait pas les divisions dans son entourage sur la stratégie en Afghanistan. Cette guerre, qui a fait ce mois-ci son millième mort dans les rangs américains, a occasionné des frictions entre l’armée et la Maison-Blanche. Des tensions sont même perceptibles au sein de l’Exécutif, entre Richard Holbrooke, l’envoyé spécial de la Maison-Blanche pour l’Afghanistan, et Karl Eikenberry, un ex-général trois étoiles qui est ambassadeur des Etats-Unis en Afghanistan depuis avril 2009.
Toujours selon Rolling Stone, Eikenberry et McChrystal ne s’entendaient pas non plus.
Lâché par Robert Gates, le patron du Pentagone, qui l’a critiqué pour sa «grosse erreur», le général McChrystal a présenté sa démission à Barack Obama lors d’une entrevue en privé hier matin. Le président américain a précisé que son remplacement par David Patraeus – l’architecte de l’envoi de renforts américains en Irak en 2007 – n’allait pas occasionner de changement de stratégie, malgré les difficultés rencontrées ces derniers mois. Petraeus sait donc qu’il n’a pas beaucoup de temps pour réussir sa mission: la Maison-Blanche a l’intention d’entamer le retrait d’Afghanistan d’ici à un peu plus d’un an.