Dans toute la région, les contrôles aux aéroports ont été renforcés, les hôpitaux placés en alerte et des mesures de quarantaine annoncées. La Chine et la Thaïlande ont par ailleurs annoncé la suspension des importations de viande porcine du Mexique et des Etats-Unis. Les Philippins ont été invités à éviter les étreintes et les embrassades lors des rassemblements publics. "L’Asie est mieux préparée et en meilleure position que d’autres" face aux risques de pandémie, a déclaré Peter Cordingley, porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Manille.
La Chine et Hong Kong restent traumatisés par la crise de la pneumonie atypique (SRAS) de 2003, apparue dans la province chinoise du Guangdong (sud) en novembre 2002, avant de faire plus de 800 morts dans le monde, dont près de 350 en Chine. La même année, le virus hautement pathogène de la grippe aviaire, H5N1, était apparu en Asie, avant de tuer plus de 250 personnes, principalement en Asie du sud-est. La crise du SRAS a donné "une leçon très utile en matière de mécanismes de surveillance et de contrôle de l’infection", a ajouté M. Cordingley.
A Hong Kong, où les premières victimes humaines de la grippe aviaire avaient été recensées en 1997, les contrôles depuis lors sont stricts. Chaque passager y arrivant en avion ou en bateau voit ainsi sa température testée par infra-rouge. Par ailleurs, le territoire, qui compte 7 millions d’habitants, dispose d’environ 20 millions de doses du médicament antiviral Tamiflu.
Quarantaine pour certains
Hong Kong a de plus annoncé lundi des mesures strictes de quarantaine pour tout passager en provenance d’un des pays touchés et présentant des symptômes. "Si un passager présente de la température et s’il s’est rendu au cours des sept derniers jours dans une région infectée, nous l’hospitaliserons et il le restera jusqu’à ce que les tests (de la grippe porcine) soient négatifs", a indiqué Thomas Tsang, contrôleur des services de santé.
Pour Paul Chan, microbiologiste à l’Université chinoise de Hong Kong, grâce à l’expérience du SRAS et de la grippe aviaire, le territoire dispose d’un "système très sophistiqué pour identifier et isoler les cas infectés. Notre personnel médical a été parfaitement formé aux procédures permettant de prévenir la contagion".
Recherches dans les écoles
En Nouvelle-Zélande, où neuf lycéens et un enseignant pourraient être atteints de la grippe porcine et où les autorités tentent de retrouver les passagers du vol qui ramenait ce groupe scolaire du Mexique, le Premier ministre John Key s’est voulu rassurant. "La réponse de nos services juusqu’à maintenant a été rapide, approfondie et adaptée au risque. C’est un risque auquel nous sommes préparés", a-t-il déclaré, précisant que le pays disposait de 1,4 million de doses de Tamiflu, pour un peu plus de 4 millions d’habitants.
En Australie, où deux cas suspects se sont révélés négatifs, les autorités ont ordonné lundi à tous les aéroports de renforcer les contrôles.
De plus, à partir de mardi minuit, les capitaines des avions arrivant du Mexique et d’Amérique du Nord devront faire un point de l’état de santé des passagers avant de pouvoir atterrir. Tout voyageur présentant des symptômes de la grippe sera placé en quarantaine, a annoncé la ministre de la Santé Nicola Roxon.
A Taïwan, le ministre de la Santé Yeh Chin-chuan a appelé au calme: "La situation actuelle est comme une tempête tropicale née de l’autre côté du Pacifique, qui ne présente aucun danger immédiat".