Dans trois villes de la région parisienne, le président Nicolas Sarkozy a plaidé mardi pour sa politique de sécurité et affirmé son refus de régulariser les "sans-papiers" de façon globale.
Sarkozy n’a pas lancé d’annonces spectaculaires lors de ce déplacement mais a prononcé de fortes paroles. Première cible: les trafiquants de drogue qui ont installé une vaste économie souterraine en banlieue. «Les agents du fisc seront aussi mobilisés dans cette lutte. On va même changer les règles sur les signes extérieurs de richesse et le train de vie. Tous ces messieurs qui ne travaillent pas et qui ont de belles voitures devront s’expliquer», affirme-t-il . De même, le nombre de caméras de vidéosurveillance sur la voie publique sera triplé d’ici à 2012. Enfin, s’adressant à un électorat qui risque de retomber dans les mains du Front national, le président a promis qu’il ne régularisera jamais les sans-papiers de façon globale.
Et sur le terrain?
Sur le terrain, le travail des agents en banlieue paraît de plus en plus ardu. Deux policiers responsables syndicaux connaissant bien la région parisienne — Sophie Bar et Frédéric Masanet (Unité-SGP-Police, organisation majoritaire chez les gardiens de la paix et leurs gradés) tombent d’accord sur ce constat: «On nous donne toujours plus de missions à accomplir avec toujours moins d’effectifs». D’ici à 2012, la police nationale et la gendarmerie auront perdu, en tout, 11 000 postes de travail. «Les départs à la retraite sont de moins en moins compensés par le recrutement», ajoute Sophie Bar qui indique qu’en banlieue des Unités territoriales de quartiers ont été créées, notamment, dans le Val d’Oise, département où se trouve Villiers-le-Bel. En cas de besoin, elles peuvent recourir à des Compagnies de sécurisation.
Vieilles voitures de police
Frédéric Masanet met en cause la politique des effets d’annonce qui caractérise le pouvoir actuel en France: «Chaque fois qu’un problème de société apparaît, on assigne une mission supplémentaire à la police en annonçant la création d’une nouvelle structure. Par exemple, la violence conjugale. Or, dans ce domaine, il existe déjà des unités spécialisées. Ne les dégarnissons pas!» Sophie Bar souligne aussi la vétusté du matériel: «Certaines voitures de police affichent 130 000 kilomètres au compteur, avec tous les risques de pannes que cela suppose».