L’histoire a de quoi faire sourire et mérite d’être contée. Petit bout de femme aux cheveux blancs – elle vient de fêter son 81e anniversaire et mesure 1m50 – Paulette C. s’est retrouvée face au président du Tribunal correctionnel de Créteil, en banlieue parisienne.
Ainsi que le relate «Le Parisien», la petite dame, toute intimidée dans un environnement judiciaire qui tranche avec celui dans lequel elle évolue habituellement, s’est vu lire les accusations retenues contre elle.
Propriétaire d’une compagnie de taxis, la vieille dame n’est pas restée assise paisiblement dans un fauteuil. A l’heure où d’autres retraitées se contentent de tricoter, l’alerte octogénaire conduisait quotidiennement l’un de ses véhicules, une Peugeot 306.
Si elle se retrouve devant un tribunal, c’est parce qu’en septembre dernier elle s’est fait contrôlée au volant de son taxi dans un quartier populaire de Sucy-en-Brie (Val de Marne) par des policiers de la Cellule des professions réglementées (CPR) qui ne s’attendaient pas à une pareille «prise».
A leur grand surprise, les policiers ont alors découvert que la brave dame roulait sans permis valable ni licence professionnelle en règle pour exploiter une société de taxis dans laquelle tournent quatre voitures.
Dénoncée au Parquet du Tribunal de Créteil, l’octogénaire s’est retrouvée poursuivie pour conduite sans permis, exercice illégal de la profession de taxi, défaut de carte professionnelle et travail dissimulé. Son véhicule a été immédiatement saisi.
L’audience de cette semaine a permis d’en savoir plus sur les circonstances qui ont amené Paulette à comparaître devant la justice.
Rapportés par la chroniqueuse judicaire du «Parisien» les échanges d’audience permettre de percer le mystère.
La vieille dame aidait autrefois son mari à faire tourner la compagnie de taxis. Après le décès de son conjoint, Paulette avait continué à exploiter le commerce mais son permis avait été annulé en 2006, suite à des pertes accumulées de points (système français qui conduit par étapes à la perte du permis de conduire). A cette sanction était venu s’ajouter le retrait de sa carte professionnelle en 2008.
Passant outre ces décisions administratives brutales, Paulette avait néanmoins continué ses activités.
Pour ses délits, la « Mamie Taxi» a été reconnue coupable mardi dernier. Le procureur a requis contre elle une peine de quatre mois de prison avec sursis et 400 euros d’amende. La veille dame n’a pour l’heure pas écopé d’une sanction qui lui sera communiqué ultérieurement. Par ailleurs, le tribunal lui a accordé un délai courant jusqu’au 29 mai pour repasser son permis de conduire.
Paulette, qui avait passé son permis de conduire en 1954, s’est engagée à le repasser, essuyant au passage quelques larmes de soulagement avant de se confier à la journaliste du «Parisien»: « J’ai travaillé cinquante ans sans un jour de repos. Je dois continuer parce que j’aime mes clients, pour moi, c’est sacré. Et puis, je suis en forme.»