Windows 7 sort officiellement aujourd’hui. Pas de tambours ni de trompettes, Microsoft joue le lancement le profil bas, ou plutôt adopte une stratégie de transmission de la bonne nouvelle par capillarité. Façon «réunion Tupperware», dira-t-on.
Après quelques semaines d’usage intensif sur un PC de bureau ainsi que sur un portable du type Macbook Pro, voici un verdict qui paraîtra de prime abord manquer d’enthousiasme. Et pourtant…
Comme pour Vista, Windows 7 s’installe en une demi-heure (une heure maximum dans certains cas). Comme pour Vista, le système propose une interface élégante à base de très jolis effets de transparence baptisée Aero. Comme pour Vista (après l’installation de diverses mises à jour), le logiciel se révèle stable et fonctionnel. On peut très vite l’oublier, ce qui est finalement le meilleur compliment qu’on puisse faire à un système d’exploitation (OS).
Par la case antivirus
Mais comme pour Vista, l’utilisateur ne s’épargnera pas la peine d’installer un bon antivirus (le gratuit Avira AntiVir sur www.free-av.com, par exemple). Il passera aussi par la case «Windows Update» pour que les (déjà) premières mises à jour s’installent automatiquement. Comme pour Vista, il constatera que, parfois, ces rustines imposent le redémarrage de l’ordinateur, ce qui est irritant en toutes circonstances.
Alors à quoi bon dépenser les quelque 169?francs que coûte la migration de XP ou de Vista vers l’édition «Home Premium» du logiciel?
Très bonne question et répondre «inutile» ne rend guère justice aux nombreuses petites mains qui se sont échinées à éliminer pendant de longs mois tout ce qui a contribué à rendre Vista plus impopulaire qu’il ne le méritait vraiment.
L’aspect grossièrement intrusif et anxiogène des messages de sécurité surtout. Les voilà maintenant réduits à leur proportion purement utilitaire. Ni trop ni trop peu et de toute façon bien sagement rangés en bas à droite de l’écran. Sauf exception, bien sûr.
Et puis, il y a aussi l’ergonomie générale du système. On pouvait reprocher à Vista un entre-deux un poil timide. Seven est plus téméraire avec notamment une barre des tâches inférieure basée sur l’image (parée pour les écrans tactiles) et la fin de la mise en ghetto sur la droite des «widgets», petits programmes ou informations utiles qui peuvent désormais traîner partout sur le bureau.
Il y a aussi cette fonction, apparemment anodine, qui nous a pourtant donné un sentiment de confort appréciable: la fenêtre qui, dès qu’on la glisse vers un côté, se redimensionne automatiquement pour occuper exactement la moitié de l’écran. Idéal pour comparer deux dossiers, faire glisser des fichiers et autres petites joyeusetés organisationnelles.
Changer d’OS rien que pour cela? On a presque honte de l’avouer, mais s’il ne fallait avancer qu’un seul argument en faveur de Seven, c’est celui-là qu’on choisirait en premier.
Démarrage inchangé
Détail pour certains, nous n’avons pas constaté de grands changements dans la rapidité du système au démarrage et à l’extinction. Sur un MacBook Pro récent, nous avons relevé qu’il faut une minute au système pour être opérationnel (contre 25?secondes à condition égale pour l’OS concurrent Snow Leopard). Il lui faut quelque 20?secondes pour s’éteindre complètement (contre 8?secondes pour Snow Leopard).
On connaît quelques membres de l’église de la Sainte Pomme qui, le sourire en coin, se regardent déjà d’un air entendu.
Windows Phone a toujours le mobile entre deux chaises
Autant Windows 7 convainc sur la durée en tant que système d’exploitation (OS) de premier plan, autant Windows Phone, soit le nouveau nom donné par Microsoft à son moteur pour téléphones mobiles, laisse dubitatif. La version 6.5 de l’OS est officielle depuis le 6 octobre. Elle annonce une version 7, refonte plus radicale, en 2010.
Nous avons pu le tester sur un mobile tactile de marque Samsung, l’Omnia II. Le matériel est de qualité, doté d’un superbe écran et de quelques autres atouts dont la capacité de lire sans conversion les fichiers vidéo Divx.
Pourtant, la prise de contact avec le logiciel peut être qualifiée de rude. La vitrine est jolie. Les icônes sont conçues pour le tactile mais cela reste une façade. C’est surtout une impression de confusion qui prévaut à l’heure de la configuration: courriels, navigateur Internet, connexions Wi-Fi et Bluetooth. Il faut revêtir son casque d’explorateur et aimer énigmes et aventures pour parvenir à ses fins.
Les choses s’arrangent par la suite, mais l’expérience au quotidien reste toujours moins agréable qu’avec un iPhone ou un mobile Google Android. Des incohérences ergonomiques – trop nombreuses pour être toutes citées – subsistent. Sans parler de la cohabitation entre ce qui peut être actionné au doigt et ce qui requiert un stylet. Au final, cette version entre deux chaises donne la mesure du travail de titan qui attend Microsoft pour rester en course.
(jchc)