Ce ne sera pas pour tout de suite, mais Google a bel et bien confirmé, la semaine dernière, travailler sur une tablette tactile. C’est dans le cadre du salon parisien Demain le livre que Philippe Colombet a révélé, par la bande, le pot aux roses. Selon une information rapportée par le site actualitte.com, le chargé du développement pour «Google Books» s’exprimait sur la naissance, l’été prochain, dans six pays, dont la France, de «Google Editions», un service de commercialisation de livres électroniques.
Les ouvrages numérisés seront stockés dans le nuage Internet et donc accessibles depuis de nombreuses plates-formes (PC, téléphones, ebooks et donc aussi les tablettes). Dans ce cadre particulier, Philippe Colombet a évoqué l’existence de l’ardoise Google en précisant que cette dernière ne sera pas uniquement dédiée à l’écrit - comme le sont actuellement les modèles du type Sony Reader ou Kindle. Elle sera hybride, donc réellement multimédia, et en tout cas proche de l’iPad. Reste encore à savoir ce qu’on entend par proche.
Bien après l’iPad
Philippe Colombet s’est bien gardé d’indiquer une date de lancement, se contentant de dire qu’elle serait fixée bien après l’iPad (sortie prévue à la fin du mois d’avril en Suisse). C’est peut-être bien là où le bât blesse, car si de nombreux concurrents se sont clairement positionnés sur le marché de la tablette tactile, nouvel objet qui se situe entre le téléphone mobile et l’ordinateur portable, le calendrier des adversaires les plus dangereux d’Apple reste encore vague. Cela n’empêche pas l’institut Gartner d’estimer qu’il s’écoulera cette année déjà près de 10,5 millions de tablettes dans le monde. Une prédiction que l’on prendra avec les pincettes requises.
Toujours est-il qu’il ne se passe pas un jour sans que de nouvelles informations ne filtrent. Avec, en ligne de force, Google, allié d’hier devenu le plus féroce concurrent de la firme de Cupertino. L’accord récent annoncé entre Google et le Ministère italien de la culture - qui permettra de numériser un million de livres libres de droits, issus des bibliothèques nationales de Rome et de Florence - illustre notamment que la guerre des tablettes qui s’annonce se placera aussi grandement sur la question des contenus. Domaine que Google maîtrise tout particulièrement.
De son côté, Microsoft (et ses partenaires) semble persister à vouloir marcher sur deux jambes. D’abord avec des tablettes «classiques» basées sur les capacités tactiles natives de Windows 7. Ensuite avec le projet «Courier», un objet multimédia, double écran, mais petit format, qui lui donne, lorsqu’il est ouvert, l’apparence d’un livre de poche. Ce développement s’apparente plus à une alternative à l’iPad qu’à une concurrence. Mais là également, la question des contenus et de leur distribution se pose. Avec tout un écosystème que Microsoft n’a guère su mettre en valeur jusqu’ici.
Un buzz qui fonctionne
Pendant ce temps, aux Etats-Unis, Apple a ouvert vendredi la possibilité de réserver l’iPad. Un calcul effectué par le site Fortune indique que les ordres ont culminé à près de 120?000 iPads commandés ce jour-là, avant de se tasser sévèrement pendant le week-end. L’analyste Daniel Tello estime pour sa part que les précommandes ne devraient pas dépasser le demi-million avant la mise en vente officielle.