Drôle de semaine que celle qui vient de s’écouler à l’ombre du pommier en fleur. Les répliques du double séisme provoqué par Apple avec la mise à jour des iPhone existants et l’arrivée de son modèle «Speedy Gonzales», le 3Gs, commençaient à peine à s’espacer que les constructeurs concurrents ont commencé à faire tonner le canon à coups d’annonces plus ou moins fracassantes. En Suisse, cela se passait à Zurich avec des présentations organisées par Acer, Samsung et Nokia.
Chez ce dernier, jeudi était un jour spécial. Le géant finlandais lançait sur le territoire, d’une part, son très attendu (et aussi très en retard semble-t-il) smartphone haut de gamme, le N97, et d’autre part un service de téléchargement de musique illimité baptisé «Nokia Comes with Music».
Gratuité contre piratage
C’est quoi encore? En gros, cela consiste à faire l’acquisition d’un mobile Nokia (deux actuellement disponibles et un troisième en juillet) et, si possible, à se le faire subventionner par un opérateur à la faveur de l’établissement d’un contrat ou de son renouvellement (air connu). Ensuite il suffit d’entrer un code fourni avec l’appareil pour que les portes du paradis s’ouvrent: téléchargement gratuit et illimité pendant douze mois de fichiers musicaux dans un énorme réservoir de 5 millions de titres.
Une fois ce délai écoulé, la musique, qu’elle soit stockée sur l’ordinateur ou le mobile, reste lisible. Et si par malheur elle devait avoir été effacée, l’usager a encore deux ans devant lui pour les retélécharger gratuitement. S’il souhaite prolonger son droit de puisatier, ce dernier pourra être reconduit de trois mois en trois mois pour un prix qui reste encore à définir. Le plus ambitieux service de téléchargement légal du moment est né.
Mais où sont les petites lettres du contrat? Dans les DRM (Digital Rights Management), les données numériques cachées, affectées à chaque fichier qui en règlent l’usage. La musique n’est lisible que sur un PC et sur un mobile. Un seul. Pas d’échanges possibles, ni d’écoute sur d’autres baladeurs, encore moins en flux via des radios Internet, par exemple. Voilà qui restreint singulièrement le champ d’action au nom de la lutte contre le piratage imposé par les grandes multinationales de l’édition musicale.
L’autre arme de destruction massive imaginée par Nokia est donc un smartphone. Le N97 a ceci de particulier qu’il combine un écran tactile et un clavier rétractable. Ses dimensions sont très proches de l’iPhone. Le clavier masqué, son encombrement est minime. Ses fonctionnalités intégrées sont impressionnantes. Sur le papier il fait tout ce que sait faire le mobile d’Apple, même mieux, et rappelle que Nokia fut un précurseur en ce jardin. Que le finlandais se soit laissé déborder par Apple ne cessera jamais de nous étonner.
Critère ergonomique
Reste le nerf de la guerre: l’ergonomie, la réactivité, la clarté, la simplicité, bref, tout ce qui rend l’expérience agréable de prime abord. Selon l’importance accordée à ce critère, le N97 sera considéré aussi intéressant voire meilleur que l’iPhone ou bon à être laissé aux technophiles qui ne reculent pas à la première difficulté.