Il y a un an, moins d’un internaute sur cinq dans le monde utilisait Firefox pour surfer sur la Toile. Aujourd’hui, ils sont presque un sur quatre: 23,75% exactement, selon des chiffres publiés par l’agence Net Application. Le navigateur Web libre et gratuit de la Fondation Mozilla ne cesse d’attirer de nouveaux adeptes. Disponible depuis l’été, sa dernière version, la 3.5, a encore gagné en rapidité, sécurité et fonctionnalités. Si Firefox reste loin de son rival Internet Explorer (65,71% de parts de marché), celui-ci perd régulièrement des plumes depuis un an.
Firefox, lui, progresse à une vitesse hallucinante. John Lilly, le président de Mozilla, révélait la semaine dernière sur Twitter que Firefox a ainsi conquis 30 millions de fans supplémentaires en septembre et octobre, portant le total de ses utilisateurs à 330 millions. Pendant ces mêmes huit semaines de rentrée, Internet Explorer aurait perdu quelque 35 millions d’usagers…
Et le pire est à venir pour le logiciel de Microsoft. Suite à une décision de la Commission européenne, il ne peut plus être installé d’office sur les PC tournant sous Windows 7 vendus en Europe. En Suisse, aucune mesure semblable n’est envisagée pour l’instant.
Pendant ce temps, les autres navigateurs Web ne ramassent que des miettes: 4,24% de parts de marché pour Safari d’Apple, 3,17% pour Chrome de Google, nouveau venu prometteur, et 2,19% pour Opera, de plus en plus orienté vers la téléphonie mobile.
Si tous ces outils ont leurs qualités, seul Firefox semble en mesure d’ébranler la domination d’Internet Explorer. Comment expliquer son succès?
Pour Frédéric Schütz, mathématicien genevois et contributeur de l’encyclopédie en ligne Wikipédia, Firefox s’impose d’abord par sa flexibilité. «Je peux l’adapter à ma façon de travailler plutôt que l’inverse. A cet égard, Internet Explorer est moins souple. Firefox me permet aussi de contrôler ce qui s’affiche sur mon écran plutôt que de devoir subir les choix des concepteurs de sites (publicité, impossibilité de sauver des images localement, etc.).»
Cerise sur le gâteau, Firefox «respecte les standards du Web, est rapide et efficace, et se développe à une vitesse impressionnante», souligne Frédéric Schütz. Plus de 6000 extensions (petits programmes qu’on peut intégrer dans le navigateur) sont déjà disponibles.
Même enthousiasme chez Laurent Haug: «Firefox reste le meilleur compromis entre rapidité, rendu et privacy», assure le fondateur de Lift, la conférence genevoise sur les technologies en société. Paramétrable dans ses moindres détails, le navigateur de Mozilla n’a pas son pareil pour préserver les données privées de l’internaute, par exemple. Laurent Haug n’a qu’une seule réserve: «Firefox a tendance à s’alourdir avec le temps.»
Directrice de l’agence Netinfluence, à Lausanne, Sandrine Szabo «utilise Firefox depuis le début», même quand elle travaillait encore avec un PC.
Passée à Mac, cette spécialiste du marketing en ligne garde sa préférence pour Firefox. «Dans Safari, on ne voit pas bien les URL des liens de destination. De plus, je n’aime pas sa manière de charger les pages.»
Au contraire de Raphaël Briner, concepteur du site Hyperweek, seul expert de notre minisondage à ne pas utiliser Firefox. Pour lui, Safari est idéal, car «tout simple et rapide».
Président de l’Internet Society à Genève et spécialiste de la gestion de l’information, Stéphane Koch a parfois recours à Chrome «pour sa rapidité», mais il avoue également une préférence pour Firefox: «Ses possibilités de personnalisation» en font «une véritable boîte à outils». Et dans la jungle du Web, on n’est jamais trop bien équipé.
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