Vingt mille chansons disponibles en tout temps, sur n’importe quel PC ou appareil Android connecté à l’internet. C’est l’alléchante proposition de Google Music, service annoncé mardi dernier à la conférence Google I/O de San Francisco, et qui sera lancé ces prochaines semaines aux Etats-Unis. Une plate-forme qui marque aussi une nouvelle offensive dans la bataille que se livrent Google, Amazon et Apple pour le contrôle de la musique en ligne. Explications.
Le boom des smartphones
Avant, tout était simple. Les gens achetaient de la musique sur support physique (vinyles, cassettes ou CD), comme ils achetaient du pain. Puis l’internet a déboulé, avec ses fichiers dématérialisés qu’il est si facile de télécharger, d’échanger ou de pirater à travers le réseau. Incapables de s’adapter à l’univers virtuel, les majors du disque abandonnent le terrain du téléchargement à Apple. La firme à la pomme domine rapidement le marché avec son lecteur portable iPod, qui permet d’embarquer des milliers de chansons, et sa plate-forme de distribution iTunes. Limite de ce système: il faut d’abord télécharger la musique, puis la synchroniser entre le baladeur et un PC pour la conserver. Pour les majors, l’addition est salée, Apple empochant une part substantielle des revenus…
Et voilà que le boom des smartphones et autres tablettes tactiles entraîne un nouveau changement dans les mœurs des consommateurs. Car si ces appareils ne possèdent pas les mêmes capacités de stockage qu’un ordinateur, leur versatilité et leur légèreté constituent des atouts majeurs.
L’heure est donc à l’«informatique dans le nuage» (cloud computing): l’utilisateur ne stocke pas ses fichiers numériques localement, mais sur des serveurs distants. Puis les récupère quand bon lui semble sur tout appareil connecté à l’internet.
Sans Sony et Universal
Un fonctionnement idéal pour la consommation musicale mobile. Sentant que l’avenir passe par le «nuage», les gros bras de l’internet décident de s’en mêler. Après Amazon Cloud Drive, lancé à la fin du mois de mars aux Etats-Unis (5 gigas de stockage offerts, soit environ 4000 chansons), Google débarque donc à son tour, alors que les rumeurs annonçaient plutôt le démarrage «imminent» d’un service similaire chez Apple.
Google Music affiche des ambitions certaines: stockage de 20?000 chansons; playlists «intelligentes» générées en fonction du style de la musique écoutée; albums disponibles même hors connexion. Seul raté du service: comme Amazon, Google n’a pas réussi à convaincre Sony et Universal de proposer leurs catalogues en téléchargement payant sur sa plate-forme. Ces deux majors souhaitaient en effet plus de verrous sur la musique stockée par les utilisateurs…