Le phénomène n’est pas encore chiffré, mais il est constaté: les propositions d’achats en ligne de médicaments en général, et de Tamiflu en particulier, sont en hausse. Elles parviennent dans leur grande majorité par e-mail sous la forme de spams (courriers non sollicités).
Les internautes réguliers connaissent bien le phénomène, étant régulièrement inondés d’offres proposant soit du Viagra, soit une méthode miracle pour augmenter la taille du pénis. Pour le Tamiflu, médicament antigrippal conçu par Roche, la chanson prend une tournure bien plus dramatique, ce qui pousse les organisations sanitaires à sortir du bois.
Swissmedic alerte clairement la population: acheter du Tamiflu sur Internet, c’est mettre gravement sa vie en danger. Rien ne dit en effet que l’on va recevoir l’antigrippal adéquat, soulignait hier l’institut suisse des produits thérapeutiques.
Risques de résistance
Le Tamiflu est un médicament soumis à ordonnance, qui ne doit être pris que sur prescription médicale, rappelle encore Swissmedic. «En cas de prise inappropriée, on court le risque de voir apparaître des souches virales résistant à tout traitement, qui peuvent ensuite se répandre sans limite.»
Même son de cloche aux Etats-Unis, où la Computer Emergency Readiness Team (CERT) met aussi son porte-voix en position maximale.
L’organisation attire l’attention sur les données confidentielles que les internautes sont conduits à donner en souscrivant des commandes liées à des messages d’origines douteuses.
Et le CERT de rappeler les risques de contamination par un virus — informatique celui-là — lorsqu’on ouvre un message dont l’expéditeur n’est pas identifié. Surtout s’il prétend, pour renforcer l’inquiétude, que Salma Hayek a contractée la grippe porcine. Authentique!