Cela se passe tous les matins de cette semaine sur TSR2 mais aussi et surtout sur le site semainedesmedias.tv. Cette année, la déclinaison helvétique d’une initiative européenne (supervisée par la Conférence intercantonale de l’instruction publique) se concentre essentiellement sur Internet, avec la prévention en ligne de mire pédagogique. Le titre générique des cinq reportages diffusés sur la seconde chaîne du service public et mis en ligne dans la foulée sur le site officiel est d’ailleurs sans ambiguïté: Dégâts d’image. On voit venir la noble institution avec ses gros sabots. Il s’agit de sensibiliser les jeunes âmes aux dangers qui les guettent sur la Toile. Au menu des cinq sujets de 10?minutes chacun: comment préserver sa sphère privée, du bon usage des blogs, comment travaillent les cyberflics à Berne, comment le buzz se crée sur la Toile et finalement la pornographie, sur les mobiles notamment. Autrement dit, du lourd.
Sans pesanteur
La bonne surprise est que la pesanteur redoutée des bonnes intentions institutionnelles est totalement absente. Le ton volontairement léger qui caractérisait déjà les sujets tournés lors des précédentes éditions est particulièrement primesautier cette année. La personnalité des jeunes auteurs-acteurs qui ont conçu et qui animent les reportages y est pour beaucoup. Il y a Maxime dans le rôle du cameraman enthousiaste, Renato dans celui du preneur de son avec son «humour à deux balles», donc tête à claques, et Sarah, 14?ans, l’apprentie journaliste qui aimerait bien briller autant que les «people» qu’elle admire tout en tenant à sa botte ses «domestiques». Tout cela pour rire.
Difficile alors de ne pas s’esclaffer lorsqu’à la question, «il nous faudrait une fille intelligente» pour mener l’équipe, Renato répond du tac au tac: «Darius Rochebin».
Fonctionnaires déridés
Mais on s’égare. Ce n’est pas parce qu’on rigole avec une jolie dose d’impertinence qu’on n’apprend pas au détour de gags potaches deux ou trois choses essentielles. A commencer par Maxime lui-même, qui, en ne prenant pas les quelques précautions élémentaires sur Facebook, a permis à Sarah, alors inconnue, de (presque) tout savoir sur ses derniers déboires amoureux. Et puis il faut également relever que ce n’est pas tous les jours qu’une équipe de tournage amateur (filmée par une autre équipe, professionnelle) parvient à dérider l’avocat Sébastien Fanti dans sa fonction de spécialiste du droit des nouvelles technologies et surtout quelques fonctionnaires fédéraux sur la piste du cybercrime. Chapeau donc à cette coproduction de Chocolat TV et de la Télévision suisse romande.