De tous les appareils présentés dernièrement par Canon Suisse, l’Ixus 210 n’est pas le plus haut de gamme. Il s’agit d’un appareil photo compact, plus petit même qu’un iPhone mais plus épais. Un modèle qui, comme tous les autres de la même catégorie, participe à la course aux armements.
Où en est-on déjà? Ah oui, à 14,1 millions de pixels, ce qui est une absurdité du point de vue des photographes professionnels que nous avons consulté, pour qui l’optique et surtout la taille du capteur (forcément limitée dans ce type de boîtier) forment des goulets d’étranglement suffisants pour faire de cette chasse au pixel un argument au bénéfice exclusif de la fiche technique. L’air est cependant connu.
L’autre tendance forte qu’illustre l’Ixus 210 est sa capacité à savoir filmer aussi bien qu’il photographie. La fonction vidéo est solide: l’appareil enregistre sur sa carte mémoire numérique (SD) des films en haute définition (720p) au format 16:9. Autrement dit une image qui fait excellente figure sur les téléviseurs actuels.
Film sans zoom optique
La principale limitation que nous avons remarquée sur ce modèle est que le zoom optique ne peut être actionné qu’entre deux prises. En filmant, on peut certes se rabattre sur le zoom numérique mais la définition de l’image en souffre grandement. Une limitation dont ne pâtit bizarrement pas le Canon PowerShot SX210, grand frère compact, également présenté cet hiver par Canon. L’Ixus bénéficie cependant d’un écran tactile pour cultiver sa différence.
Une grande surface (3 pouces) qui couvre pratiquement tout l’arrière du boîtier.
Disparus les boutons sur les côtés, les fonctions s’affichent sur l’écran et s’actionnent de la même façon que sur un téléphone à la mode. Une des forces de la marque Canon, la navigation dans les menus, déjà claire avec des boutons-poussoirs, s’en trouve encore facilitée. Et puis le défilement latéral des photos et des vidéos par le simple effleurement de l’index, cela fait toujours son petit effet.
L’interface permet aussi de faire de la «retouche pour les nuls», catégorie dont on ne saurait s’exclure. Il devient ainsi aisé de délimiter une partie de la photo pour en changer la couleur par exemple. Mais aussi agréable soit elle, il manque encore à cette interface la reconnaissance d’au moins deux doigts simultanément (utile pour faire des zooms sur l’image de manière intuitive) et on n’aurait pas craché sur un tout petit plus de réactivité. Rien de rédhibitoire cependant.
L’ère du tout tactile?
Des exemples tels que l’Ixus 210 tendent à faire croire que nous sommes entrés dans l’ère du tout tactile. Ce serait aller un peu vite en besogne. Car pour une poignée de cas probants, souvent cantonnés dans le secteur de la téléphonie mobile, l’écran qui répond au doigt n’est peut-être pas la solution idéale pour tout.
On pense en particulier aux ordinateurs dont les quelques modèles tactiles (promus surtout par HP) n’ont pas encore réussi à convaincre les utilisateurs que l’accès direct à des icônes par le toucher valent bien quelques traces de doigts graisseux.