Malgré la perte de près de 17 à 20 milliards de francs en 2008, UBS entend verser 2 milliards de francs de bonus à ses employés.
Le leader mondial de la gestion de fortune n’a pourtant échappé à la faillite que grâce à un plan de sauvetage concocté le 16 octobre par la Confédération et la Banque nationale suisse (BNS). Il portait sur un montant total de 67 milliards de francs.
Selon une information de la SonntagsZeitung, la banque aurait voulu verser 3 milliards de francs à son personnel. Mais cette somme a été réduite par l’Autorité de surveillance des marchés financiers (Finma). Celle-ci a son mot à dire depuis que la Confédération et la BNS ont mis en place le fameux dispositif financier visant à assurer la survie d’UBS.
«Bande d’autistes!»
Si le chiffre de 2 milliards avancé par l’hebdomadaire alémanique s’avérait exact, chacun des 77?000 employés d’UBS recevrait en moyenne 26?000 francs. Pour comparaison, la composante variable du salaire des employés d’UBS se montait à 10 milliards de francs en 2007. Ni les membres du directoire ni le président du conseil d’administration ne toucheront cependant de bonus.
Cet élément ne dissipe pas les irritagtions dans les milieux politiques. «Je suis scandalisé par l’extraordinaire arrogance de la direction d’UBS, fulmine le conseiller national socialiste neuchâtelois Didier Berberat. Il est inadmissible qu’une banque aidée avec le denier public verse des bonus. Et que dire de la Finma? Une véritable bande d’autistes!»
Le conseiller national libéral genevois Christian Lüscher précise que les 2 milliards de bonus destinés aux 77?000 employés de la banque constituent une baisse de 80% par rapport aux versements en termes de parts salariales pour l’exercice 2007.
Last but not least. Trois mois après avoir décidé de s’exposer à hauteur de 60 milliards de francs pour sauver UBS, il apparaît que la BNS perd 42 millions par jour, soit 4,8 milliards pour 2008, selon Sonntag. Et ce sont les cantons qui pourraient en faire les frais.