Luxe, glamour et business. C’est ça le monde de l’aviation d’affaires. Et l’Ebace (European Business Aviation Convention and Exhibition) commence demain, avec plus de 90 aéronefs rutilants, exposés entre l’Aéroport International de Genève (AIG) et Palexpo. A la veille de l’ouverture du plus grand salon européen de jets privés, les hôteliers jubilent. Dans la Cité de Calvin et même dans le canton de Vaud.
«Depuis hier, et jusqu’à jeudi soir, tous les établissements sont complets au bout du Léman. Et dans toutes les catégories, quel que soit le nombre d’étoiles!» se félicite le président du Groupement des hôteliers genevois, Paul Muller. Beaucoup de ses confrères vaudois bénéficient aussi de l’événement.
«Les hôtels de Nyon et Morges s’avèrent en effet très occupés. L’impact de l’Ebace se ressent jusqu’à Lausanne, dans les établissements de cinq à trois étoiles», relève le président d’Hôtellerie vaudoise, Philippe Thuner. Dans ce contexte, crise économique ou non, la 10e?édition de l’Ebace ne saurait décevoir.
«C’est l’enfer»
Du 4 au 6 mai, 425 à 440 exposants et près de 12?000 visiteurs sont attendus. Contre 411?000 et 10?917 un an plus tôt. Il s’agissait du troisième score depuis la création de ce salon. Il est néanmoins vrai que la branche vient de vivre un exercice douloureux et un mois d’avril traumatisant. «En ce moment, c’est l’enfer», déclarait dans le quotidien L’Agefi le président et directeur commercial du courtier genevois en aéronefs d’affaires D-Jet, David Alivertti, après six jours de fermeture de plusieurs espaces aériens européens.
Une commande à 200 millions de dollars
A cela s’ajoute le ralentissement persistant des activités. Au départ ou à destination du Vieux-Continent, le trafic de jets privés a diminué de 15% en 2009 et de 20% en 2008 selon Eurocontrol. Et l’AIG n’a pas été épargné.
Dans cette conjoncture, les compagnies exploitant leurs propres appareils réduisent souvent leurs tarifs de 10%, voire 15%. Des sociétés gérant des flottes d’appareils appartenant à des tiers encouragent les propriétaires à ne faire voler leurs engins que pour couvrir les frais de maintenance.
L’Ebace 2010 devrait néanmoins surprendre. Le patron de la compagnie autrichienne VistaJet, Thomas Flohr, ne dément par exemple pas l’intention d’y annoncer une grosse commande à l’avionneur canadien Bombardier. Elle porterait sur un montant de 200 millions de dollars. Jet Aviation et Airbus signeront un contrat d’achat d’aménagements intérieurs pour des appareils «VVIP», c’est-à-dire équipés pour l’accueil de «very very important persons».
Le leader européen de la discipline, NetJet (Europe), livrera en outre d’excellentes nouvelles à son propre stand. «Nous avons effectué 7000 mouvements en Suisse en 2009. Nous en avons déjà opéré 2000 au premier trimestre de cette année, soit une augmentation de 11% par rapport à la même période un an plus tôt. Et la moitié de cette progression s’est concentrée sur Genève», indique le directeur délégué de NetJet Europe pour la Suisse, Jean-René Saillard.
Autre indicateur rassurant. «Entre janvier et mars derniers, nous avons dû organiser 40% de vols d’essai de plus qu’au premier trimestre 2009 pour des clients potentiels», note Jean-René Saillard. Et NetJet Europe avait pris livraison de dix nouveaux appareils l’an dernier.