Evidemment, tout le monde semble heureux et satisfait. On se congratule, on se félicite. Et sans doute y a-t-il des raisons de le faire. Après tout, le sommet du G20 est une réussite à bien des égards. Avant tout parce qu’il s’agit d’un G20. Traduction: plusieurs nations émergentes ont été associées aux réflexions sur les solutions à apporter à la crise économique et financière. Ensuite, il y a bien sûr la rapidité avec laquelle ce sommet fut mis sur pied. L’urgence de la situation, il est vrai, l’exigeait. Sur le plan financier, la somme des pertes et des amortissements liés aux subprimes approche désormais les 1000 milliards de francs suisses. Sur le plan macroéconomique maintenant, la zone euro est désormais techniquement entrée en récession. Un verdict qui vaut aussi pour les Etats-Unis et le Japon. Quant à la Chine, si sa croissance devrait être supérieure à 8% en 2009, il n’en reste pas moins que c’est là son plus mauvais score depuis huit ans. ?
Une régulation plus sévère
En somme, tout le monde avait un intérêt à ce que la réunion se passe au mieux. Ne serait-ce que pour tenter de redonner un semblant de confiance aux marchés. Or rien n’indique que l’objectif ait été atteint si l’on croit les bourses du Moyen-Orient qui, ouvertes hier, sont toutes parties dans le rouge, celle du Dubaï, dépassant les 4% de baisse.
Peut-être ont-elles réagi négativement à la volonté affichée par les chefs d’Etat réunis à Washington de mieux réguler désormais la planète finance pour que plus jamais ne se produise pareille déconfiture.
Au menu servi dans la déclaration finale du G20, on trouve en effet un consensus sur les problèmes à régler. En vrac: harmonisation des normes comptables, encadrement plus sévère des agences de notation, amélioration de la transparence des marchés de produits dérivés, révision des pratiques de rémunération des dirigeants de banques pour éviter les prises de risque excessives et révision du mandat, de la gouvernance et des besoins en capitaux des institutions internationales.
Ce dernier point mérite une précision. Quand les Européens, Nicolas Sarkozy, Gordon Brown et Angela Merkel, en tête, souhaitaient voir le Fonds monétaire international (FMI) assumer le rôle de supergendarme de la finance, le président américain ne voulait pas entendre parler d’un projet qu’il voyait comme un affront à la souveraineté de son pays. Au final, c’est George Bush qui l’a emporté. Si le FMI verra en effet certaines de ses compétences renforcées, celles-ci relèveront avant tout de la surveillance. Pour ce qui est de la régulation, et la déclaration finale laisse peu de place au doute, ce sera la règle du chacun est maître chez soi. Ce qui dans un contexte de mondialisation de la finance peut susciter un brin de perplexité.
Quoi qu’il en soit, les parties ont pris un nouveau rendez-vous. En avril 2009. Barak Obama sera alors aux manettes de la Maison-Blanche.
La Suisse se bat pour un strapontin
La Suisse, qui n’a pas été invitée au G20 de samedi, a demandé à Washington de l’intégrer aux groupes de travail prévus à l’issue du grand sommet sur la crise financière mondiale, a annoncé hier le gouvernement.
La Confédération «prend acte avec intérêt des mesures envisagées lors de ce sommet» et «souhaite que les principales places financières soient intégrées à ce processus», a expliqué le porte-parole du Département fédéral des finances (ministère), interrogé par l’agence suisse ATS.
Un document écrit en ce sens a été envoyé au Département américain des finances, a ajouté Roland Meier précisant qu’aucune réponse n’était encore parvenue.
La Suisse, 21e puissance économique mondiale, est une des plus importantes places financières de la planète.(afp)