«Nous avons tous sous-estimé la brutalité de la concurrence des low cost. Nous devons désormais gagner des parts de marché avec des prix plus attractifs.» Christoph Franz – qui, après Swiss, conduit désormais les destinées de la maison mère Lufthansa – annonce clairement la diète qui nous attend.
Ce week-end, la grande compagnie aérienne allemande a annoncé qu’elle allait, elle aussi, s’inspirer des méthodes des easyJet, Ryanair ou Air Berlin. Et pour cause: le groupe Lufthansa, qui comprend désormais Swiss et Austrian Airlines, doit économiser 1,5 milliard de francs sur son segment passagers d’ici à 2011.
Avant Lufthansa, Air France-KLM et British Airways avaient allumé les feux et prévenu leurs clients: crise économique oblige, sur les vols court et moyen courrier, il y aura pour tous un peu moins de tout. Qu’est-ce à dire? Selon Christoph Franz, le transporteur allemand songe à augmenter la densité de sièges sur ses vols européens et réduire la taille des dossiers. Lufthansa prévoit également de réduire l’espace des cuisines et des vestiaires.
Quant aux services de repas et des boissons, ils suivront des procédures simplifiées, voire allégées, tout en demeurant gratuits. Un seul mot d’ordre: «Augmenter la productivité, partout où c’est possible.»
British Airways a été beaucoup plus loin, en supprimant la plupart des repas sur ses vols courts (moins de deux heures et demie). Air France, elle, va carrément renoncer au champagne ou au jus d’orange offert, à l’accueil dans l’avion, aux passagers de la classe affaires, pour ses vols de moins d’une heure et demie. Quant au commun des mortels, il ne recevra plus son petit sandwich.
En clair, les Romands qui prendront la navette entre Genève-Cointrin et Paris se verront mis au régime sec. Depuis que la crise économique a entraîné une chute brutale du nombre de passagers en classe affaires (–23%), qui offrait la meilleure rentabilité à une compagnie de ligne, la traque aux coûts est omniprésente.
La chasse aux kilos pour économiser le kérosène
Outre les économies sur le service et le confort à bord, British Airways a également exigé de ses employés des réductions de salaires draconiennes. Enfin, les transporteurs traditionnels se livrent, dans leurs avions, à une chasse aux kilos, leur permettant de réduire leur consommation en kérosène.
Car, comme nous l’explique Jean-Claude Donzel, porte-parole de Swiss, «il n’y a pas de petites économies». Ainsi, depuis cette année, les sièges de la compagnie helvétique sont rembourrés avec de l’air, une invention made in Switzerland, permettant de gagner jusqu’à 5 kilos par passager.
Petites cuillères, moquette, siège, alimentation: tout y passe. A l’inverse, on ignore encore de combien les grandes compagnies aériennes comptent abaisser leurs tarifs pour devenir véritablement concurrentielles avec les low cost.