134 milliards de dollars. C’est le produit intérieur brut algérien, mais aussi dix fois celui de la Bolivie ou encore le triple de la fortune de l’homme le plus riche du monde, Bill Gates. Ces comparaisons étourdissantes n’enlèvent rien au fait que cette somme mirobolante a bien été trouvée dans une petite mallette, du côté italien de la douane de Chiasso.
Nous tenons à la disposition de nos lecteurs incrédules le communiqué de la Guardia di Finanza*, la police douanière et financière, indiquant que deux quinquagénaires japonais ont été arrêtés le 3 juin en tentant de se rendre en Suisse par le rail. Contrôlés dans le train, ils ont affirmé n’avoir rien à déclarer. Méfiants, les agents ont néanmoins fouillé ces passagers et trouvé le jackpot dans le faux fond d’une de leur valise.
Cela peut paraître beaucoup, 134 milliards. En réalité, la somme était découpée en 249 modestes tranches de 500?000 millions de dollars, en bons estampillés «Federal Reserve», auxquels s’ajoutaient 10 «bons Kennedy» d’une valeur d’un milliard chacun.
Amortir la dette publique
La Guardia di Finanza explique le plus sérieusement du monde que l’amende imputable pour «trafic illégal de capital» peut atteindre 40% du montant en cause s’il excède 10?000?euros. En l’espèce, l’Etat italien hériterait de la coquette somme de 38 milliards d’euros. De quoi remettre à flot les finances publiques et lancer quelques projets de grande envergure.
A condition, bien sûr, que ces bons du trésor, des obligations émises par le gouvernement américain, soient authentiques. Vu le modeste engouement qu’a suscité cette affaire dans la presse, tant helvétique qu’italienne, et l’avis de spécialistes interrogés, nous gageons que la dette de la péninsule ne sera pas résorbée si facilement.
* www.gdf.it, tapez Chiasso.