«Ici bat le cœur de Raiffeisen Suisse romande». Ici, c’est le Flon, le quartier du cœur de Lausanne. Pour parvenir à réaliser son ambition de couvrir 20% du marché dans tous les cantons de Suisse, le groupe bancaire se devait d’être en ville. De profiter aussi de la vitrine du centre. Et quelle vitrine! «Toute de transparence voilée», relevait hier lors de l’inauguration le directeur pour la Suisse romande, Alain Girardin. Et dans ce coin de pays à fin septembre, le groupe affichait une progression de ses fonds à la clientèle de 12,5%, soit 1,84 milliard de francs à 16,6 milliards de francs. Une hausse qui se monte à 26% à Genève pour un total de 2,8 milliards. Et ce n’est pas fini, confirme Pierin Vincenz, président de la direction du groupe Raiffeisen. «En octobre, nous étions à nouveau proches d’un record avec un afflux d’environ 1 milliard de francs dans l’ensemble des Banques Raiffeisen de Suisse.» Il tient à préciser que ce développement «ne résulte pas seulement de l’environnement économique et financier actuel, mais aussi de notre stratégie. Notamment de notre toujours plus grande implantation citadine.»
Et tous les orateurs de pointer la particularité du moment. Entre crise et flonflon. Pierin Vincenz ne craint pas qu’une aggravation des conditions économiques ne pèse sur la qualité des crédits de la banque. Il souligne une fois encore la stricte gestion des risques de son établissement qui tient à garder le secteur hypothécaire au cœur de ses métiers. C’est d’ailleurs là que coulent plus de 75% des fonds Raiffeisen. «Aujourd’hui, notre portefeuille est composé d’hypothèques qui, en moyenne, ne dépassent pas 270?000 francs.» Et poursuit-il, «lorsque nous affichons notre volonté de développer le secteur PME, c’est avec les mêmes principes de gestion des risques».
Enfin, il tient à plaider pour le maintien de «la structure actuelle du paysage bancaire suisse». Pourquoi? «Les grandes banques se retirent des gros crédits car elles doivent assainir leur bilan. Nous ne pouvons pas reprendre ce segment du marché. Elles sont donc nécessaires à la bonne marche des affaires, notamment pour les sociétés exportatrices.»